L’Union européenne et les États-Unis ont annoncé, mercredi 22 octobre, un nouveau tour de vis économique contre la Russie, ciblant cette fois le secteur des hydrocarbures. L’objectif : asphyxier les revenus du Kremlin alors que la guerre en Ukraine s’enlise et que les attaques russes s’intensifient.
La décision européenne, qui marque le 19ᵉ train de sanctions depuis le début du conflit, a été approuvée à Bruxelles après une nouvelle nuit de frappes russes ayant fait au moins six morts. Plus de 400 drones et une trentaine de missiles ont visé des infrastructures dans plusieurs régions ukrainiennes, selon Kiev.
Un embargo total sur le gaz russe
La présidence danoise de l’Union européenne a confirmé l’accord des États membres pour mettre fin à toutes les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe. Le texte prévoit également des mesures contre la “flotte fantôme” de pétroliers utilisée par Moscou pour contourner les sanctions.
« L’adoption formelle est prévue jeudi. Le travail sur un 20ᵉ paquet a déjà commencé », a indiqué sur X (ex-Twitter) Vladyslav Vlassiouk, conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Peu après, Washington a annoncé des mesures similaires, confirmées dans la soirée par le département du Trésor américain.
Washington sanctionne Rosneft et Lukoil
Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, avait prévenu : « Nous allons annoncer un renforcement majeur des sanctions contre la Russie. »
Quelques heures plus tard, le Trésor américain a officiellement sanctionné les géants pétroliers russes Rosneft et Lukoil, accusés de financer la machine de guerre du Kremlin.
« Face au refus du président Poutine d’arrêter cette guerre insensée, nous imposons des sanctions aux deux plus importantes compagnies pétrolières russes », a déclaré M. Bessent.
Selon Washington, Moscou n’a montré aucune volonté sérieuse de négocier la paix.
Trump durcit le ton face à Poutine, tout en misant sur Xi Jinping
S’exprimant depuis le Bureau ovale aux côtés du secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, le président américain Donald Trump a qualifié ces sanctions d’« énormes » tout en appelant à « une paix rapide ».
« À chaque fois que je parle avec Vladimir, la conversation est bonne, mais elle ne mène nulle part », a-t-il confié, avant d’ajouter que le président chinois Xi Jinping pourrait jouer un rôle clé pour influencer Poutine.
Zelensky en tournée européenne pour rallier les alliés
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky poursuit une tournée diplomatique cruciale. Il est attendu jeudi à Bruxelles pour le sommet des dirigeants européens, où sera discuté un soutien financier pérenne à l’Ukraine, puis vendredi à Londres pour une réunion de la Coalition des volontaires.
Ce déplacement intervient après une visite décevante à Washington la semaine dernière, où le président ukrainien n’a pas obtenu la livraison de missiles Tomahawk réclamés à l’administration Trump.
Une rencontre Trump-Poutine compromise
Après avoir un temps évoqué une rencontre prochaine avec Vladimir Poutine à Budapest, Donald Trump semble finalement avoir renoncé à cette initiative diplomatique.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a toutefois assuré que les préparatifs se poursuivaient, malgré le report sine die de ce sommet.
De son côté, Mark Rutte a tenté d’apaiser les inquiétudes européennes, affirmant que Donald Trump restait “le seul capable d’apporter une paix durable” en Ukraine, en dépit des tensions persistantes avec Volodymyr Zelensky.
