Une étude révèle des réponses immunitaires durables et une survie prolongée chez plusieurs patients
Aux États-Unis, un vaccin thérapeutique ciblant les mutations du gène KRAS a montré des résultats encourageants chez des patients atteints de cancers du pancréas et du côlon. Selon une étude publiée dans Nature Medicine, ce traitement expérimental pourrait ouvrir la voie à de nouvelles perspectives face à des tumeurs réputées difficiles à soigner.
Une technologie innovante pour stimuler l’immunité
Baptisé ELI-002 2P, le vaccin utilise de petites portions de protéines issues des mutations KRAS, combinées à un adjuvant. Ces éléments sont conçus pour se lier à l’albumine et être dirigés vers les ganglions lymphatiques, lieux clés de la préparation des cellules immunitaires.
Cette stratégie permet d’activer à la fois les lymphocytes T CD4+ et CD8+, capables d’attaquer ou de coordonner la destruction des cellules cancéreuses. Pour Olivier Lantz, directeur du laboratoire d’immunologie clinique à l’Institut Curie, cette méthode « contourne l’une des limites majeures des vaccins actuels : l’acheminement inefficace vers les ganglions lymphatiques ».
Des résultats cliniques prometteurs
L’essai a concerné 25 patients, dont 20 atteints d’un cancer du pancréas et 5 d’un cancer colorectal. Les chercheurs rapportent que 68 % d’entre eux ont développé une forte réponse immunitaire contre les protéines KRAS. Mieux encore, 67 % ont présenté une réaction élargie contre d’autres mutations tumorales non ciblées au départ.
Le Dr Zev Wainberg, oncologue au Centre de cancérologie Jonsson (UCLA), souligne que les patients ayant déclenché les réponses immunitaires les plus importantes ont connu une survie sans récidive de 15 mois et une survie globale de 29 mois, soit des durées supérieures à celles habituellement observées.
Une nouvelle piste contre les cancers KRAS
Les mutations du gène KRAS, fréquentes dans certains cancers digestifs, résistent encore aux traitements classiques. Les vaccins thérapeutiques représentent ainsi une alternative prometteuse, capable de cibler spécifiquement ces altérations génétiques.
Particularité de cette approche : elle pourrait protéger contre plusieurs mutations, sans nécessiter la création d’un vaccin personnalisé pour chaque patient. De nouveaux essais à plus grande échelle sont attendus afin de confirmer l’efficacité et la sécurité de cette stratégie, qui pourrait également s’étendre à d’autres types de cancers liés à KRAS.
