Le dénouement est enfin tombé pour Sofiane Sehili. Le cycliste d’endurance français, détenu depuis début septembre en Russie, a été condamné jeudi 23 octobre à une amende de 50 000 roubles (environ 530 euros) pour « franchissement illégal de la frontière ». Le tribunal de la région de Primorié, dans l’Extrême-Orient russe, a néanmoins décidé de le libérer immédiatement, compte tenu du temps déjà passé en détention provisoire, selon l’agence publique RIA Novosti.
« Sofiane Sehili a été reconnu coupable, mais exempté du paiement de l’amende », a précisé la juge Irina Billé.
L’athlète de 44 ans risquait jusqu’à deux ans de prison pour avoir franchi à vélo un poste-frontière réservé aux trains et autocars, alors qu’il tentait de battre un record du monde de traversée eurasienne. Parti de Lisbonne début juillet, il comptait parcourir 17 pays pour rejoindre Vladivostok en un temps record.
Selon Vladimir Naïdine, membre d’une commission publique de contrôle des prisons, le cycliste aurait ignoré les restrictions frontalières afin de ne pas compromettre son exploit sportif. Une décision coûteuse, puisqu’il avait été interpellé dès son entrée sur le territoire russe.
Sa compagne, Fanny Bensussan, avait confié en septembre à France 3 Occitanie :
« Il ne pensait qu’à son exploit sportif. Il était persuadé qu’on le laisserait passer. »
Ancien documentaliste à Télérama, Sofiane Sehili s’est fait un nom dans le monde de l’ultracyclisme, discipline extrême où les épreuves s’étendent sur plusieurs milliers de kilomètres.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte diplomatique tendu entre la France et la Russie, plusieurs ressortissants occidentaux ayant été arrêtés depuis le début de l’offensive en Ukraine en 2022.
