Sous la pression du gouvernement français, Renault étudie sérieusement la possibilité de participer à la fabrication de drones militaires destinés à l’armée française et à l’Ukraine. Ce projet, annoncé par l’ancien ministre des Armées Sébastien Lecornu, provoque des divisions internes au sein du constructeur automobile.
Un projet imposé qui divise
La direction de Renault tente d’apaiser les tensions après l’annonce gouvernementale, précisant dans une note interne que le groupe « étudie la possibilité de mettre son savoir-faire industriel au service de projets de défense ». Cette communication prudente ne suffit pas à calmer les inquiétudes des salariés, dont certains expriment leur réticence à participer à la fabrication « d’armes létales ».
Les syndicats en alerte
La CFDT rapporte que des équipes se sentent »un peu choquées » par cette perspective, craignant un « basculement durable vers l’armement ». Force Ouvrière réclame plus de transparence de la part de l’État, actionnaire majoritaire de Renault, tandis que la direction tente de rassurer en affirmant que « son cœur de métier restera l’automobile civile ».
Enjeux stratégiques et héritage historique
Les analyses, coûts et avantages menés par Renault mettent en lumière plusieurs défis : sécurité des usines, risques de cyberattaques et campagnes de désinformation. Le constructeur doit également composer avec son histoire ayant déjà produit chars et obus pendant la Première Guerre mondiale et ses intérêts économiques, notamment la possible fermeture du marché russe où Renault conserve une option de rachat de Lada jusqu’en 2028.
Alors que d’autres industriels européens comme Porsche ont déjà investi dans la défense, Renault se trouve à la croisée des chemins, devant concilier impératifs gouvernementaux, réalités économiques et sensibilité de ses employés.
