Face à une vague de violences sans précédent, le président péruvien José Jeri a annoncé, mardi 21 octobre, la mise en place d’un état d’urgence de 30 jours dans la capitale Lima. Homicides, extorsions et règlements de comptes se multiplient, plongeant la mégapole de près de 10 millions d’habitants dans un climat d’insécurité alarmant.
Apparu à la télévision nationale, chemise blanche et manches retroussées, José Jeri a adopté un ton martial.
« La délinquance est devenue hors de contrôle ces dernières années. Mais tout ça, c’est fini ! »,
a-t-il lancé avant de promettre un changement de cap :
« Nous passons à l’offensive contre le crime. Cette lutte nous permettra de retrouver la paix et la confiance. »
La mesure, validée en Conseil des ministres, entrera en vigueur dans la nuit de mardi à mercredi, à minuit. C’est la première décision d’envergure du chef de l’État depuis sa prise de fonctions, il y a moins de deux semaines, après la destitution de Dina Boluarte, renversée en pleine crise sociale et sécuritaire.
Un pouvoir renforcé pour les forces de l’ordre
Concrètement, cet état d’urgence autorise le déploiement de l’armée dans les rues et la suspension temporaire de certains droits civiques, comme la liberté de réunion ou de manifestation.
Mais dans un pays encore secoué par la contestation populaire, la décision inquiète une partie de la population.
Depuis la chute de Dina Boluarte, la « Génération Z » continue de manifester pour réclamer la démission de l’ensemble de la classe politique. José Jeri, lui-même visé par une plainte pour viol déposée en janvier, est désormais dans le viseur des protestataires.
Un climat social explosif
Selon les chiffres officiels, plus de 200 personnes ont été blessées depuis le début des manifestations, dont des policiers, des journalistes et des civils. À Lima, des heurts récents entre forces de l’ordre et manifestants ont fait un mort et plus d’une centaine de blessés.
La crise sécuritaire a également des répercussions économiques. Depuis janvier, 47 chauffeurs de bus ont été assassinés dans la capitale, souvent sur fond d’extorsion.
C’est cette spirale de violence qui a précipité la chute de Dina Boluarte le 10 octobre. José Jeri, président du Parlement avant son accession à la tête de l’État, assurera désormais l’intérim jusqu’en juillet 2026.
Un pari risqué
S’il veut apparaître comme l’homme de la fermeté, José Jeri devra aussi rétablir la confiance dans une population exaspérée par les scandales et la corruption. Pour l’heure, la capitale péruvienne retient son souffle, dans l’attente des premières mesures concrètes.
