Bamako, Mali – L’ex-Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a été placé en garde à vue le mardi 12 août 2025. Cette décision a été confirmée par son avocat et une source judiciaire à l’Agence France-Presse (AFP).
Choguel Maïga, qui a été le Premier ministre civil de la junte au pouvoir de 2021 à 2024, a été interpellé par la brigade du Pôle national économique et financier. Les raisons exactes de cette garde à vue n’ont pas été officiellement communiquées, mais son placement en détention pourrait être lié à des accusations de malversations financières qui pèsent contre lui et son ancien gouvernement.
Plus tôt cette année, en janvier, le Bureau du vérificateur général avait déjà émis des accusations de détournements de fonds publics, notamment concernant des « frais de mission indus » et des « dépenses de souveraineté » non prévues, pour un montant total de plusieurs millions de francs CFA. Bien que l’entourage de Choguel Maïga ait nié ces allégations à l’époque, le Bureau avait transmis ses conclusions à la section des comptes de la Cour suprême.
Cette interpellation intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Choguel Maïga et la junte militaire au pouvoir. Après son limogeage en novembre 2024, Choguel Maïga s’est montré de plus en plus critique envers les militaires. Il a notamment dénoncé leur décision de prolonger leur maintien au pouvoir et a appelé à une fin de la transition. Ces critiques virulentes, diffusées sur les réseaux sociaux et dans des déclarations publiques, ont été perçues comme un affront direct au régime.
Le placement en garde à vue de l’ancien Premier ministre s’inscrit dans une série d’arrestations de personnalités politiques et civiles critiques du pouvoir militaire malien. Ces événements soulèvent des inquiétudes quant à la liberté d’expression et à l’état de droit dans le pays.