Les émissaires américains Jared Kushner et Steve Witkoff, proches du président Donald Trump, ont atterri ce lundi 20 octobre en Israël. Leur mission : suivre la mise en œuvre du cessez-le-feu fragile dans la bande de Gaza et discuter de la prochaine phase du plan de paix, après un week-end marqué par des violences meurtrières.
Un cessez-le-feu vacillant
Dimanche, la situation a failli dégénérer après une série d’échanges de tirs entre Israël et le Hamas, chacun accusant l’autre d’avoir violé la trêve. L’armée israélienne a procédé à plusieurs frappes aériennes sur Gaza, avant qu’un retour au calme ne soit négocié sous forte pression américaine.
Le point de passage de Kerem Shalom, essentiel à l’acheminement de l’aide humanitaire, a depuis été rouvert. Israël a toutefois averti qu’il répondrait « fermement à chaque violation » du cessez-le-feu.
De façon surprenante, certains responsables américains ont minimisé la responsabilité directe du Hamas dans les affrontements autour de Rafah. Interrogé sur CBS, Donald Trump a lui-même évoqué la possibilité d’actions isolées de « rebelles » au sein du mouvement islamiste.
Un plan de reconstruction à 50 milliards de dollars
Avant son arrivée, Steve Witkoff a détaillé sur la chaîne américaine CBS les grandes lignes du plan de reconstruction de Gaza, chiffré à près de 50 milliards de dollars. Il a également évoqué la création d’un « Conseil de la paix », chargé de superviser la distribution de l’aide et la réhabilitation du territoire.
« Le message le plus important que nous avons essayé de transmettre aux dirigeants israéliens, c’est que si vous voulez intégrer Israël dans le Moyen-Orient, il faut aider le peuple palestinien », a insisté Witkoff.
Une mission diplomatique à haut risque
Pour Jared Kushner, la priorité reste de préserver la trêve tout en construisant un modèle de coexistence durable :
« Nous voulons créer une situation de sécurité conjointe et d’opportunité économique pour les Israéliens et les Palestiniens afin qu’ils puissent vivre pacifiquement côte à côte. »
Mais les conditions restent précaires. Le Hamas tenterait, selon lui, de se reconstituer militairement, tandis qu’Israël maintient un contrôle strict des accès à Gaza.
Vers une force internationale à Gaza ?
Parallèlement, Washington poursuit des discussions avec plusieurs pays européens et arabes sur le déploiement éventuel d’une force internationale dans le territoire palestinien. Une résolution de l’ONU en ce sens doit être présentée dans la semaine. Les États-Unis espèrent ainsi empêcher le Hamas de reprendre pied à Gaza, tout en assurant la sécurité de la population civile.
