Réunis à Luxembourg, les ministres européens de l’Énergie ont donné, ce lundi 20 octobre, leur feu vert au plan de la Commission européenne visant à interdire définitivement les importations de gaz russe.
Cette décision marque une étape majeure dans la politique énergétique européenne, près de trois ans après le début de la guerre en Ukraine. Mais elle laisse encore des points de tension, notamment sur la date butoir d’application.
Un vote à majorité qualifiée
Adopté à la majorité qualifiée (55 % des États membres représentant au moins 65 % de la population de l’Union), le texte met en minorité les pays les plus dépendants du gaz russe, la Hongrie et la Slovaquie.
Ces deux États d’Europe centrale ont exprimé leurs inquiétudes, craignant une menace directe sur leur sécurité énergétique.
« Pour nous, l’approvisionnement en énergie n’a rien à voir avec la politique », a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, dénonçant une mesure qui, selon lui, « tue la sécurité d’approvisionnement de la Hongrie ».
Un plan en trois étapes
Le plan adopté prévoit un arrêt progressif des importations :
Dès le 1er janvier 2026, interdiction de tout nouveau contrat de fourniture de gaz russe ;
Au 17 juin suivant, interdiction des contrats à court terme ;
Enfin, suppression totale des contrats à long terme à l’issue de la dernière phase.
« Cette décision va façonner l’avenir de notre continent. Nous allons cesser de financer la machine de guerre russe et diversifier notre approvisionnement », a salué le ministre danois de l’Énergie, Lars Aagaard, président de la réunion.
Une dépendance encore forte en 2024
Malgré les efforts de diversification, l’Union européenne importait encore 52 milliards de m³ de gaz russe en 2024, soit près de 19 % de ses importations totales.
Un chiffre qui illustre la difficulté du sevrage énergétique malgré les embargos déjà en place sur le charbon et le pétrole russes.
Le Parlement européen veut accélérer.
La date butoir officielle, fixée à fin 2027, pourrait être avancée d’un an dans le cadre du 19ᵉ paquet de sanctions contre la Russie, actuellement en discussion.
Le Parlement européen, de son côté, pousse pour une application dès le 1er janvier prochain.
Les commissions du Commerce et de l’Industrie ont déjà adopté une proposition en ce sens le 16 octobre.
Washington met la pression
Le président américain Donald Trump a également exhorté l’Europe à cesser tout achat d’énergies fossiles russes, jugeant cette dépendance « absurde ».
« L’Europe ne peut pas continuer à financer la guerre de Vladimir Poutine tout en se disant solidaire de l’Ukraine. C’est embarrassant », a-t-il déclaré lors de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.
