L’Alliance des États du Sahel (AES) a annoncé la création prochaine d’une Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES). Si aucun calendrier n’a encore été dévoilé, cette initiative soulève déjà des inquiétudes dans la sous-région, en particulier au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), où la stabilité financière et monétaire pourrait être impactée.
Une banque stratégique pour le Sahel
Dotée d’un capital de départ estimé à 500 milliards de francs CFA, la BCID-AES sera financée par 5 % des recettes fiscales et 0,5 % des taxes sur les importations.
Selon le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, qui s’exprimait lors d’une réunion d’experts tenue à Bamako en mai dernier, la banque aura pour mission de « mobiliser des fonds à grande échelle » afin de soutenir des projets structurants dans l’énergie, les transports et l’agriculture.
Une perspective monétaire qui inquiète
Au-delà de la dynamique d’investissement, certains analystes estiment que cette banque pourrait constituer une étape vers la création d’une monnaie propre à l’AES.
Cette hypothèse alimente les débats, surtout dans un contexte où les pays membres de l’AES ont déjà quitté la CEDEAO, modifiant profondément leurs relations économiques et politiques avec le reste de la région.
