L’économie algérienne, fortement tributaire des hydrocarbures, cherche à diversifier ses revenus afin de réduire les risques liés à la volatilité des marchés. Avec 95 % de ses exportations et près de 60 % de son budget dépendant du pétrole et du gaz, le pays reste exposé aux fluctuations mondiales, menaçant sa stabilité financière et sa capacité d’investissement. Consciente de cette vulnérabilité, l’Algérie accélère le développement de secteurs stratégiques, notamment l’agriculture, pour sécuriser sa croissance à long terme. Ce secteur s’impose comme un levier essentiel dans la volonté de transition économique et de différenciation des sources de revenus. En exploitant ses vastes terres arables et son potentiel saharien, le pays ambitionne de renforcer son autonomie alimentaire et de développer des filières exportatrices. Pour atteindre ces objectifs, l’Algérie s’appuie sur des partenariats internationaux afin d’acquérir des savoir-faire et des technologies adaptées à ses spécificités.
Un partenariat prometteur avec le Nigeria
Dans ce cadre, une délégation nigériane, conduite par un haut responsable du commerce et de l’industrie, a été reçue à Alger par le ministre de l’Agriculture, Youcef Cherfa, en marge de la Foire de Commerce intra-africain (IATF 2025), qui s’est tenue du 4 au 10 septembre. Cette rencontre a permis d’identifier des axes de coopération bilatérale, en examinant les complémentarités agricoles et les opportunités d’échanges dans des domaines stratégiques. Les discussions ont porté sur des projets concrets, notamment l’agriculture en milieu saharien, l’implantation de techniques d’irrigation innovantes et la modernisation des infrastructures de stockage et de transformation des produits agroalimentaires.
Un défi de taille pour l’avenir
La question centrale demeure : l’Algérie parviendra-t-elle à transformer son agriculture en moteur économique majeur ? Les partenariats, comme celui avec le Nigeria, offrent des perspectives prometteuses, mais plusieurs défis subsistent, notamment le besoin d’investissements conséquents et les contraintes environnementales, avec un accent particulier sur la gestion des ressources en eau et le développement des systèmes d’irrigation. Le succès de cette stratégie dépendra donc de la capacité du pays à conjuguer expertise technologique, soutien institutionnel et mobilisation des acteurs privés.
