🦠 MPOX : L’OMS lève l’Ă©tat d’urgence sanitaire mondiale en Afrique

Après plus d’un an de mobilisation internationale, l’épidémie de variole du singe ne constitue plus une menace sanitaire d’envergure planétaire

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a officiellement annoncé vendredi la fin de l’urgence sanitaire internationale liée à l’épidémie de MPOX qui sévissait en Afrique. Cette décision marque un tournant dans la gestion de cette crise sanitaire qui avait mobilisé la communauté internationale depuis août 2024.

Une nouvelle souche apparue au Congo

La forme émergente du virus MPOX avait fait son apparition au début de l’année 2024 en République démocratique du Congo avant de se propager dans les pays africains limitrophes. Sa transmission s’effectue principalement par contacts rapprochés, notamment lors de relations intimes, ce qui avait conduit l’OMS à décréter l’état d’urgence sanitaire mondiale en août dernier.

Recommandation d’experts acceptée

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a expliqué lors d’une conférence de presse que cette décision faisait suite aux recommandations d’un comité d’experts spécialisé. « Le groupe d’experts constitué après l’émergence de cette maladie a évalué que la situation ne représentait plus une urgence internationale, et j’ai approuvé cette recommandation », a-t-il précisé.

La déclaration d’urgence internationale constitue le niveau d’alerte maximal de l’organisation onusienne face aux menaces sanitaires. Elle permet de débloquer des financements d’urgence et d’intensifier les campagnes de prévention et de sensibilisation à l’échelle mondiale.

Vigilance maintenue malgré la levée d’alerte

Le chef de l’OMS a toutefois mis en garde contre tout relâchement : « Il est essentiel de comprendre que la levée de cette déclaration d’urgence ne signifie nullement que la menace a disparu ou que nos actions vont cesser. »

Comprendre la variole du singe

Le MPOX, anciennement dénommé « variole du singe », est une pathologie rare provoquée par un virus appartenant à la même famille que celui de la variole traditionnelle. Cette maladie est endémique dans certaines zones africaines, où les populations contractent habituellement l’infection par morsures de rongeurs ou de petits mammifères.

Les manifestations cliniques les plus légères incluent fièvre, frissons et douleurs musculaires. Dans les formes sévères, des lésions cutanées caractéristiques peuvent apparaître sur le visage, les membres, le thorax et les organes génitaux.

Deux souches aux profils distincts

Les scientifiques distinguent plusieurs variants du virus MPOX. La souche appelée « clade II » avait déclenché une crise sanitaire internationale en 2022, se propageant rapidement dans des dizaines de pays et touchant principalement les hommes ayant des rapports avec d’autres hommes. Aux États-Unis, le pic épidémique avait atteint près de 500 cas quotidiens.

Bien que rarement mortelles, ces infections provoquaient chez de nombreux patients des lésions cutanées extrêmement douloureuses persistant plusieurs semaines. Cette épidémie s’était progressivement résorbée au cours de l’année suivante.

La souche africaine plus préoccupante

L’autre variant, désigné « clade I », présente un profil plus inquiétant avec un taux de mortalité supérieur. Sa transmission s’opère également par contacts étroits, y compris sexuels. Une forme récente de ce clade I s’est largement répandue en Afrique orientale et centrale, concentrant la majorité des cas au Burundi, en Ouganda et en République démocratique du Congo, justifiant la déclaration d’urgence de l’OMS.

Propagation limitée hors d’Afrique

Si des cas ont été détectés chez des voyageurs en dehors du continent africain, la diffusion est restée circonscrite. Les États-Unis ont ainsi recensé cinq infections de cette souche chez des personnes ayant récemment séjourné dans les zones affectées d’Afrique. Ces cas isolés n’ont généré aucune transmission secondaire, selon les Centres américains de contrôle des maladies.

Amélioration des capacités de réponse

Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, cette levée d’alerte résulte de l’amélioration des mesures de santé publique et de la diminution continue du nombre de nouveaux cas.

Le Dr Dimie Ogoina, infectiologue nigérian et président du comité d’urgence de l’OMS, souligne l’impact crucial du renforcement des capacités diagnostiques : « De nombreux pays ont considérablement amélioré leurs moyens de dépistage, leur permettant d’identifier plus efficacement les cas et de limiter la propagation virale. »


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