Le président chinois Xi Jinping a accueilli jeudi son homologue nord-coréen Kim Jong-Un au Grand Hall du Peuple à Pékin, marquant leur première rencontre depuis six ans. La dernière entrevue remontait à une visite de Xi à Pyongyang en 2019. Ce sommet sino-nord-coréen apparaît comme une étape décisive dans le rétablissement des relations entre les deux pays.
Fait notable, Pékin n’a cette fois pas mentionné la « dénucléarisation de la péninsule coréenne », une constante jusque-là dans son discours diplomatique. Pour de nombreux observateurs, cette omission équivaut à une reconnaissance implicite du statut nucléaire de Pyongyang par la Chine.
Ce tournant s’inscrit dans une évolution déjà perceptible en 2022, lorsque Pékin et Moscou avaient, pour la première fois au Conseil de sécurité de l’ONU, opposé leur veto à de nouvelles sanctions visant la Corée du Nord pour ses essais nucléaires et balistiques. Une décision qui marquait un glissement géopolitique majeur.
Cette semaine encore, à Pékin, la Chine, la Russie et la Corée du Nord ont affiché leur unité. Une alliance qui, selon plusieurs analystes, se place désormais en opposition frontale aux normes et aux pressions occidentales, et redessine les équilibres stratégiques en Asie comme sur la scène internationale.
