Les tensions politiques s’intensifient au Venezuela. Le président Nicolas Maduro a annoncé avoir saisi la Cour suprême de justice pour demander la déchéance de nationalité de l’opposant Leopoldo López, actuellement en exil en Espagne. Le pouvoir l’accuse d’encourager une intervention militaire américaine destinée à renverser le régime chaviste.
Cette décision intervient alors que les États-Unis ont entamé ce dimanche 26 octobre des exercices militaires avec Trinité-et-Tobago, en mer des Caraïbes, officiellement dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic. Caracas y voit toutefois un signal de pression croissante à ses portes.
Caracas accuse López d’« appel à l’invasion »
Selon le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil, Nicolas Maduro a formellement déposé un recours visant à retirer la nationalité de Leopoldo López, né au Venezuela.
Le gouvernement l’accuse de :
soutenir les sanctions économiques imposées par Washington,
encourager l’usage de la force étrangère contre Caracas,
promouvoir un « massacre » de Vénézuéliens avec l’appui d’États étrangers.
Pour le pouvoir, les propos de López relèvent d’une trahison nationale.
Une mesure contraire à la Constitution, selon López
Depuis Madrid, Leopoldo López a répondu immédiatement.
Il rappelle que la Constitution vénézuélienne interdit de déchoir un citoyen de sa nationalité d’origine, rendant cette décision « illégale et politiquement motivée ».
Figure majeure de l’opposition, il avait été condamné en 2015 à 14 ans de prison pour avoir appelé à des manifestations contre le gouvernement. En 2019, il s’était réfugié à l’ambassade d’Espagne à Caracas, avant d’obtenir l’asile à Madrid.
Contexte : opposition fragilisée et reconnaissance internationale
Cette affaire survient quelques semaines après que María Corina Machado, principale opposante encore présente au Venezuela, a reçu le prix Nobel de la paix. Une distinction qui a profondément irrité le pouvoir.
Nicolas Maduro a, quant à lui, entamé un troisième mandat, toujours contesté. Aucun document officiel n’a été présenté pour démontrer sa victoire à la dernière présidentielle, ce que dénonce l’opposition et plusieurs observateurs internationaux.
