Les tensions entre Caracas et Washington franchissent un nouveau palier. Jeudi, Nicolás Maduro a assuré qu’il n’existait « aucune chance » pour que les États-Unis envahissent le Venezuela. Une déclaration musclée qui intervient après le déploiement de cinq navires de guerre américains dans les Caraïbes, officiellement engagés dans une opération antidrogue. Ce regain de tension met fin à l’éphémère réchauffement amorcé fin 2024, marqué par des discussions bilatérales et la libération de prisonniers.
Une démonstration militaire à grande échelle
En réponse, le gouvernement vénézuélien a déployé sa marine ainsi que des drones de surveillance dans ses eaux territoriales. Maduro affirme avoir activé un « plan spécial » mobilisant plus de 4,5 millions de miliciens pour défendre la souveraineté nationale, rapportent plusieurs médias internationaux.
Lors d’exercices retransmis à la télévision publique, le colonel Ramos Salazar a proclamé que les « opérateurs spéciaux révolutionnaires » se tenaient « en première ligne » pour protéger la patrie. Citant Simón Bolívar et Hugo Chávez, le message se veut autant militaire que symbolique, destiné à galvaniser l’opinion et à rappeler la posture de résistance du régime.
Washington hausse le ton
De leur côté, les États-Unis persistent à accuser Nicolás Maduro de collusion avec le Cartel des Soleils, qualifié par l’administration Trump d’organisation terroriste. Washington a porté à 50 millions de dollars la prime pour toute information menant à son arrestation, renforçant ainsi sa stratégie de pression maximale.
Si les Américains justifient la présence de leurs navires par la lutte contre le narcotrafic, Caracas dénonce une manœuvre de « changement de régime » orchestrée depuis l’étranger. Cette militarisation croissante nourrit la méfiance et rend toute reprise du dialogue diplomatique encore plus improbable.
Le bras de fer entre les deux pays s’intensifie, dans un climat où chaque déclaration et chaque mouvement militaire contribuent à accroître la tension régionale.
