Washington – Juba, 5 juillet 2025 – Dans une opération controversée, huit migrants, condamnés pour crimes violents aux États-Unis mais originaires de pays comme Cuba, Laos, Mexique, Myanmar, Vietnam et Soudan, ont été déportés vers le Soudan du Sud – un pays en reconstruction, mais juridiquement non lié à leur origine. La décision, confirmée par le Département américain de la Sécurité intérieure, fait suite à un avis de la Cour suprême levée d’injonction, ouvrant la voie à leur transfert depuis une base américaine à Djibouti .
🏛️ Une stratégie d’expulsion vers des « tiers pays »
Cette expulsion s’inscrit dans une nouvelle politique américaine d’externalisation des expulsions : ce n’est plus le retour vers le pays d’origine qui prime, mais un relèvement vers un État tiers consentant – même si les migrants n’y ont aucun lien ; déjà testé avec le Salvador début 2025 (en.wikipedia.org).
⚖️ Débat juridique et droits fondamentaux
Les migrants étaient détenus à Djibouti tandis que leurs recours judiciaires étaient en cours — des jugements avaient temporairement bloqué l’opération pour manque de due process. Mais le 3 juillet, la Cour suprême, dans un consensus conservateur, a autorisé l’expulsion, invalidant le blocage précédent de la Cour fédérale du Massachusetts (apnews.com). Le juge Brian Murphy avait dénoncé une violation flagrante des droits liés à l’accès à un recours (theguardian.com).
🌍 Soudan du Sud : une terre d’accueil peu sûre
Classé comme pays à risque, le Soudan du Sud traverse des tensions armées et une instabilité inquiétante. Plusieurs sources, dont le Département d’État américain, déconseillent tout voyage dans la zone (reuters.com). La population et les ONG craignent que ces migrants soient livrés à des systèmes peu sécurisés, voire soumis à des traitements dangereux ou injustes.
🤔 Quelle portée pour cette stratégie migratoire ?
- Droit vs efficacité : Washington invoque la sûreté publique et la lutte contre la criminalité, mais des ONG dénoncent un contournement des engagements internationaux.
- Diplomatie migratoire : Des accords implicites semblent être noués avec des pays vulnérables en crise, en échange de soutien financier ou diplomatique.
- Vers une nouvelle géographie de la migration ? Le renvoi vers des « pays-relayeurs » redessine des logiques migratoires complexes, marquées par l’arbitraire et les déséquilibres entre États.
En somme
Les États-Unis viennent de franchir un seuil : expulser des individus sans lien territorial ni national-lien vers un pays tiers. Une première inattendue qui soulève de graves questions sur le respect des garanties judiciaires, l’éthique migratoire et la stratégie internationale des expulsions.
