L’immigration irrégulière en provenance d’Afrique vers l’Europe s’impose plus que jamais comme un enjeu majeur du débat politique. Confrontés à une opinion publique de plus en plus exigeante, les États européens peinent à trouver un équilibre entre fermeté et humanité.
Ceuta, symbole d’une frontière sous tension
En Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez tente encore de définir une ligne claire, alors que l’Italie de Giorgia Meloni et la France de Bruno Retailleau affichent déjà une orientation restrictive. Mais c’est à Ceuta, enclave espagnole en territoire africain, que se concentrent les contradictions.
Avec Melilla, Ceuta constitue la seule frontière terrestre entre l’Europe et l’Afrique. Chaque été, ce territoire devient le théâtre d’un drame migratoire, accentué par le « taró », un brouillard dense typique du détroit de Gibraltar. Souvent perçu par les candidats à l’exil comme un allié pour échapper aux surveillances, il se transforme en réalité en piège mortel. Depuis le début de l’année, 21 migrants ont trouvé la mort en tentant la traversée.
Traversées de masse organisées via les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux, notamment Facebook et TikTok, jouent un rôle clé dans ces traversées clandestines. Des groupes y échangent des conseils en temps réel sur les itinéraires, la météo et les moyens d’éviter les contrôles. Cette coordination numérique a permis, au mois d’août, à plus de 300 personnes de tenter simultanément la traversée à la nage depuis Fnideq, au Maroc.
Des politiques de contrôle mises en échec
Malgré le renforcement des barrières et la coopération sécuritaire entre Madrid et Rabat, les arrivées se poursuivent. Cette « pression sans relâche », selon les médias espagnols, illustre l’échec des politiques exclusivement répressives. Les experts rappellent que les causes profondes de ces migrations tiennent avant tout aux réalités économiques, sociales et politiques des pays d’origine, bien au-delà du seul prisme sécuritaire.
