Depuis le déclenchement de l’invasion russe en février 2022, la guerre en Ukraine s’est enlisée, bouleversant durablement les équilibres géopolitiques mondiaux. Après plus de trois ans de combats, aucune solution politique ne semble en vue. Les affrontements continuent, marqués par des destructions massives, des millions de déplacés et une tension constante entre Moscou et Kiev.
Dans ce contexte, Donald Trump martèle qu’il pourrait « mettre fin au conflit en 24 heures » s’il revenait au pouvoir. Une promesse qui résonne comme un slogan électoral plus que comme une véritable feuille de route. La complexité du conflit, enraciné dans des enjeux territoriaux, historiques et stratégiques, dépasse de loin les raccourcis diplomatiques.
Une visite symbolique mais stérile
La récente rencontre de Vladimir Poutine avec des responsables étrangers à Anchorage, en Alaska, a confirmé l’impasse actuelle. Aucun progrès concret n’a émergé, sinon la démonstration d’un dialogue figé. Trump, conscient que la guerre en Ukraine reste un enjeu majeur pour sa stature internationale, cherche à contourner cette paralysie en multipliant les déclarations musclées et en évoquant de nouvelles sanctions. Mais ses initiatives se heurtent à la réalité des rapports de force.
Des sanctions économiques en trompe-l’œil
Trump mise sur l’arme économique pour affaiblir Moscou. Il évoque un embargo total sur le pétrole russe et des barrières douanières contre la Chine, principal partenaire énergétique de la Russie. Une stratégie offensive, mais qui met en évidence les divisions occidentales. Si l’Union européenne a réduit sa dépendance au pétrole russe, plusieurs pays comme la Hongrie et la Slovaquie continuent d’importer, et une rupture complète avec le gaz russe ne serait envisageable qu’après 2027.
En outre, viser des géants comme la Chine ou l’Inde, gros acheteurs de pétrole russe, reviendrait à prendre le risque d’une guerre commerciale aux répercussions lourdes pour une économie européenne déjà fragilisée par l’inflation et la crise énergétique. Derrière l’effet d’annonce, les marges de manœuvre apparaissent limitées.
Un calcul politique avant tout
Face à l’impossibilité d’imposer une ligne commune, Trump semble préparer une échappatoire. En conditionnant ses sanctions à des exigences irréalistes, il se donne la possibilité d’accuser ses alliés européens de manquer de volonté en cas d’échec. Une manière de préserver son image de négociateur inflexible, tout en jouant avec les nerfs d’une Europe divisée entre solidarité avec Kiev et impératifs économiques.
