Alors que les échéances électorales se rapprochent des deux côtés de l’Atlantique, la question d’un éventuel retour au pouvoir de Donald Trump et d’Emmanuel Macron fait à nouveau surface. Un échange informel entre les deux hommes, rapporté en marge de discussions internationales récentes, alimente les spéculations sur un troisième mandat présidentiel — bien que leurs Constitutions respectives semblent l’interdire.
Deux systèmes, deux restrictions
Aux États-Unis, la Constitution est sans équivoque : nul ne peut être élu président plus de deux fois, un verrou mis en place après le mandat exceptionnellement long de Franklin D. Roosevelt. Donald Trump, déjà élu en 2016 et battu en 2020, brigue aujourd’hui un second mandat non consécutif en 2028, ce qui reste légal. Mais des hypothèses circulent autour de manœuvres constitutionnelles controversées permettant, à terme, de contourner cette limite, à l’image du président salvadorien Nayib Bukele.
En France, le cadre est différent. Un président ne peut pas effectuer plus de deux mandats consécutifs, mais rien n’empêche un retour ultérieur après une alternance. Emmanuel Macron, dont le second mandat s’achèvera en 2027, pourrait ainsi, en théorie, se représenter à une élection future. À 49 ans à la fin de son mandat, il disposera encore d’une marge politique confortable.
Une tentation partagée ?
L’ancien président américain et son homologue français auraient récemment évoqué, à mots couverts, la possibilité d’un retour aux affaires, selon des sources proches des milieux diplomatiques. Si les deux dirigeants n’ont rien officialisé, leurs trajectoires et leur influence politique persistante entretiennent le doute.
Chez Trump, la volonté de revenir au sommet de l’exécutif ne fait guère de doute. Son discours de campagne et ses soutiens financiers sont déjà structurés pour 2028. Macron, lui, reste plus discret, mais son entourage n’exclut pas une stratégie de long terme qui lui permettrait de rester une figure centrale de la politique française, voire d’y revenir un jour.
Entre légalité et légitimité
Reste à savoir si l’opinion publique et les institutions respectives accepteraient de telles tentatives. Aux États-Unis, l’attachement rigide à la Constitution rend tout projet de troisième mandat extrêmement périlleux sur le plan politique et juridique. En France, bien que la voie soit juridiquement ouverte, un retour rapide de Macron pourrait être perçu comme une manœuvre opportuniste.
Le débat est lancé. Entre stratégie personnelle, vide juridique et volonté populaire, le retour d’anciens présidents ne relève plus seulement de la fiction. Mais le passage de l’hypothèse à la réalité reste semé d’embûches.
