Le président américain Donald Trump multiplie les attaques contre ses détracteurs et accentue la pression sur le système judiciaire. Dans plusieurs messages publiés sur Truth Social, il s’en est pris à la procureure générale Pam Bondi, l’accusant de passivité face à certaines personnalités politiques. Parallèlement, il a proposé la nomination de son ancienne avocate Lindsey Halligan à un poste clé de procureur fédéral. Ces initiatives traduisent une volonté manifeste de remodeler l’appareil judiciaire en faveur de l’exécutif et de renforcer son influence sur des affaires sensibles.
Donald Trump reproche à Pam Bondi, qu’il a lui-même nommée à la tête du département de la Justice, de ne pas avoir engagé de poursuites contre James Comey, Adam Schiff et Letitia James. Dans un message largement relayé, il l’a exhortée à agir rapidement, jugeant que l’inaction fragilise la crédibilité des institutions. Dans le même temps, il a présenté Lindsey Halligan comme une candidate « compétente et loyale » pour occuper un poste de procureur fédéral en Virginie de l’Est, un choix qui illustre sa préférence pour des personnalités issues de son premier cercle. Ces prises de position, parfois effacées puis réaffirmées, révèlent une stratégie assumée d’influence directe.
Les postes de procureurs fédéraux occupent un rôle crucial : ils disposent du pouvoir d’ouvrir des enquêtes et d’engager des poursuites dans des dossiers politiquement sensibles. En cherchant à orienter ces nominations vers des alliés de confiance, le président fait peser un enjeu majeur sur l’équilibre entre indépendance judiciaire et stratégie politique. Certains élus du Congrès demandent déjà des garanties renforcées pour préserver l’impartialité des institutions, tandis que des comparaisons avec d’autres nominations récentes alimentent le débat sur la continuité de cette approche.
L’offensive actuelle s’inscrit dans une dynamique plus large. Après son premier mandat (2017-2021) et sa défaite contestée en 2020, Donald Trump a continué de mobiliser ses partisans et de maintenir son influence au sein du Parti républicain. Sa victoire électorale de janvier 2025 a été présentée comme une revanche sur ceux qui avaient cherché à l’écarter. Ses choix actuels s’expliquent par cette logique : gouverner tout en corrigeant ce qu’il considère comme des injustices du passé.
Derrière ces initiatives se joue désormais une bataille institutionnelle. Si des nominations comme celle de Lindsey Halligan se concrétisaient, elles renforceraient la capacité du président à peser sur des enquêtes visant ses adversaires. Ce bras de fer illustre la centralité du terrain judiciaire dans la lutte politique américaine et laisse présager de nouveaux affrontements entre l’exécutif et ses opposants dans les mois à venir.
