À Bangui, devant les membres réunis de son parti, le Mouvement des Cœurs Unis, Faustin-Archange Touadéra a confirmé samedi 13 juillet son intention de briguer un troisième mandat à la tête de la République centrafricaine. L’annonce intervient dans un contexte institutionnel profondément remanié par la réforme constitutionnelle adoptée par référendum en 2023.
Une nouvelle Constitution pour une nouvelle ère
Âgé de 68 ans, le président centrafricain s’appuie sur le nouveau texte fondamental, validé par plus de 95 % des suffrages exprimés selon les résultats officiels. Cette réforme a levé la limitation à deux mandats présidentiels et a étendu leur durée de cinq à sept ans. Une évolution majeure qui suscite toutefois des critiques, certains y voyant une dérive autoritaire et une consolidation du pouvoir personnel.
« Beaucoup d’entre vous m’ont sollicité, et ma réponse est oui : je suis votre candidat à l’élection présidentielle de décembre 2025 », a déclaré Faustin-Archange Touadéra face à ses militants, réunis dans la capitale.
Un président soutenu par des alliés étrangers
Depuis son accession au pouvoir en 2016, Touadéra gouverne dans un contexte sécuritaire instable. Le recours à des forces paramilitaires étrangères, notamment issues du groupe Wagner dès 2018, a permis au régime de repousser plusieurs offensives rebelles. Mais la présence prolongée de ces forces russes suscite des interrogations sur la souveraineté du pays et l’avenir des institutions démocratiques.
La principale menace intérieure reste la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), une alliance de groupes armés qui conteste l’autorité du pouvoir central. La CPC s’était déjà illustrée par une tentative d’attaque sur Bangui après la réélection du président en 2020.
Un pays riche mais toujours vulnérable
Enclavée au cœur du continent africain, la République centrafricaine compte environ 5,5 millions d’habitants. Riche en ressources naturelles comme l’or, le diamant ou le bois, le pays peine pourtant à s’extraire d’une pauvreté structurelle. Depuis l’indépendance en 1960, la Centrafrique reste marquée par une instabilité chronique, entre putschs militaires et soulèvements armés.
Un scrutin attendu mais sous tension
La date exacte de l’élection présidentielle prévue en décembre 2025 n’a pas encore été fixée. Si le président sortant entend s’appuyer sur le soutien de ses fidèles et sur un appareil d’État consolidé, l’opposition et plusieurs organisations de la société civile s’inquiètent des risques de dérive autoritaire.
Pour nombre d’observateurs, ce troisième mandat pourrait consacrer une présidence à durée indéterminée, dans un pays où la démocratie reste fragile et contestée.
