Au Togo, Marguerite Gnakadè, ancienne ministre de la Défense et belle-sœur du président Faure Gnassingbé, a été arrêtée mercredi à son domicile, rapportent les médias locaux et des sources de sécurité. Veuve d’Ernest Gnassingbé, frère défunt du chef de l’État, elle s’est récemment positionnée comme une voix critique rare au sein même de la famille présidentielle.
Dirigeante du ministère de la Défense entre 2020 et 2022, Marguerite Gnakadè a ces derniers mois multiplié les appels à la démission de Faure Gnassingbé et à la fin du régime familial jugé autoritaire, dénonçant ouvertement la longévité politique de sa belle-famille.
Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis 2005, après avoir succédé à son père qui a dirigé le pays pendant 38 ans à partir de 1967. Son récent renforcement des prérogatives présidentielles via un changement constitutionnel en mai lui permet de gouverner sans limitation de durée et de centraliser le pouvoir exécutif.
Cette réforme a déclenché une vague de manifestations à travers le pays. Les protestations, souvent sévèrement réprimées par les forces de l’ordre, témoignent du profond mécontentement vis-à-vis de la prolongation du régime Gnassingbé.
L’arrestation de Marguerite Gnakadè suscite la solidarité des rares opposants qui prennent la parole sur les réseaux sociaux, dénonçant une nouvelle atteinte à la liberté d’expression et au pluralisme politique.
Ce coup de force envers une proche du pouvoir, devenue dissidente, symbolise la tension croissante au Togo entre autorités et sociétés civiles, dans un contexte où la question du pouvoir familial au sommet de l’État alimente débats et contestations.
