Des milices éthiopiennes sèment la terreur à la frontière, des villages attaqués en pleine saison des semis au Soudan

Sud-Est du Soudan : des villages frontaliers attaqués par des milices éthiopiennes, l’insécurité menace la sécurité alimentaire

Wad Kouli, Soudan – Dans une nouvelle escalade de tensions à la frontière orientale, trois villages agricoles du sud-est du Soudan ont été attaqués dimanche 13 juillet 2025 par des milices armées éthiopiennes, identifiées par des témoins comme appartenant aux redoutées milices Shifta.

Les attaques, confirmées lundi par des agriculteurs locaux et des bénévoles du Comité de résistance de l’État de Gedaref, ont causé la fuite de nombreux villageois et le pillage de bétail, de matériel agricole et d’autres ressources vitales.

« Alors que nous travaillions dans nos champs, ils sont venus en armes, ont encerclé le village et volé nos vaches et nos tracteurs », a raconté un jeune agriculteur de 29 ans du village de Wad Kouli, à seulement 11 km de la frontière éthiopienne.

Des attaques organisées, des moyens de subsistance menacés

Plus au nord, dans le village voisin de Wad Aroud, les coups de feu ont semé la panique. Des familles entières ont été contraintes d’abandonner précipitamment les champs pour se réfugier dans des zones plus sûres.
Un habitant de 32 ans témoigne :

« Nous avons tout laissé derrière. En revenant, nous avons trouvé nos animaux disparus. Des groupes armés avaient traversé la frontière, pillé et reparti sans être inquiétés. »

Les agresseurs auraient, selon les riverains, franchi la frontière depuis l’Éthiopie avant de se replier dans leur pays d’origine avec leur butin, illustrant une faiblesse persistante du contrôle des frontières et l’absence de coopération sécuritaire entre Khartoum et Addis-Abeba.

Une insécurité croissante dans un contexte humanitaire dramatique

Le Comité local de résistance de Gedaref, qui coordonne l’aide humanitaire dans la région, dénonce des « violations répétées et dangereuses » de la souveraineté territoriale soudanaise. Selon le comité, ces attaques fragilisent gravement la sécurité alimentaire de la région, alors que près d’un million de personnes dans l’État de Gedaref souffrent déjà de famine aiguë, d’après les dernières données du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA).

« Empêcher les agriculteurs de semer pendant la saison des pluies, c’est compromettre l’autonomie alimentaire de toute une région », alerte un porte-parole du comité.

Un terrain de tensions régionales historiques

Les tensions frontalières entre le Soudan et l’Éthiopie ne sont pas nouvelles. La zone frontalière de l’Al-Fashaga, fertile mais contestée, a été le théâtre d’affrontements armés ces dernières années entre les forces régulières soudanaises et des groupes armés éthiopiens, souvent liés à des colons agricoles de la région de l’Amhara.

Malgré des tentatives diplomatiques entre Khartoum et Addis-Abeba pour apaiser les tensions, les affrontements sporadiques et les incursions de milices armées continuent d’empoisonner les relations bilatérales, dans un contexte où les deux pays sont également secoués par des crises internes : guerre civile au Soudan et troubles politiques persistants en Éthiopie.

Un appel à la vigilance internationale

Alors que les violences se multiplient dans l’est du Soudan, la communauté internationale reste en alerte. L’ONU, l’Union africaine et les organisations humanitaires présentes dans la région sont appelées à renforcer la surveillance, la médiation diplomatique et l’aide d’urgence pour éviter une nouvelle catastrophe humanitaire.

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