Depuis juillet 2024, le Soudan traverse une des crises sanitaires les plus graves de son histoire récente. Le ministère de la Santé a annoncé ce mardi un bilan alarmant : 2 302 décès dus au choléra et plus de 91 000 cas recensés dans 116 localités réparties sur 17 des 18 États du pays.
La maladie, réapparue en pleine guerre civile, progresse à un rythme inquiétant. Rien que sur la semaine du 12 au 18 juillet 2025, les autorités sanitaires ont enregistré 1 307 nouveaux cas. Tawila, dans l’État du Darfour Nord, est actuellement la zone la plus touchée, avec 519 cas en une semaine. En revanche, c’est la localité de Bileil, dans le Darfour Sud, qui déplore le plus grand nombre de décès récents.
Une situation sanitaire hors de contrôle
La résurgence du choléra intervient alors que le Soudan est confronté à une désintégration quasi totale de son système de santé. Selon les autorités sanitaires, entre 70 % et 80 % des structures médicales dans les zones de conflit sont aujourd’hui hors service. Plus de 250 hôpitaux ont fermé leurs portes, faute de personnel, de médicaments ou en raison des violences.
Cette crise sanitaire se superpose à d’autres urgences : une flambée de paludisme et de dengue, exacerbée par les fortes pluies saisonnières et les inondations, ainsi qu’un afflux massif de personnes déplacées vers des régions mal préparées à les accueillir.
Une population doublement meurtrie
Depuis le début du conflit armé en avril 2023 entre les forces armées régulières et les paramilitaires des Forces de soutien rapide, les chiffres sont vertigineux : des dizaines de milliers de morts et plus de 10 millions de déplacés internes ou réfugiés dans les pays voisins. Dans ce climat de chaos prolongé, les conditions de vie se dégradent à grande vitesse : manque d’eau potable, insalubrité, pénuries alimentaires et surpopulation des camps de fortune favorisent la propagation rapide des maladies hydriques, comme le choléra.
Vers une crise humanitaire prolongée ?
Les appels à l’aide des organisations humanitaires se multiplient, mais les interventions restent limitées par les combats persistants, l’insécurité, et l’effondrement des infrastructures logistiques. Le Soudan, pris en étau entre guerre et épidémie, semble glisser chaque jour davantage vers une catastrophe humanitaire de grande ampleur.
Si la communauté internationale ne parvient pas à mobiliser rapidement des ressources suffisantes pour contenir cette épidémie et renforcer les services de santé, les conséquences humaines pourraient être encore plus dramatiques dans les mois à venir.
