Le sommet de l’APEC s’ouvre ce mercredi 29 octobre à Gyeongju, en Corée du Sud, sur fond de tensions économiques entre les deux plus grandes puissances mondiales. La présence de Donald Trump, fraîchement arrivé dans la nuit, donne le ton d’une rencontre placée sous le signe de la rivalité sino-américaine.
Une ouverture sous haute diplomatie
Le président américain est arrivé vers 2h TU dans la ville historique de Gyeongju, marquant le début de cette rencontre régionale qui réunit les dirigeants de l’Asie-Pacifique jusqu’à samedi. Dès ce mercredi après-midi, Donald Trump devait s’entretenir avec le président sud-coréen Lee Jae-myung, dans l’espoir de renforcer la coopération économique entre Séoul et Washington.
Soucieuse de flatter son allié américain, la Corée du Sud a sorti le grand jeu : réplique en or d’une couronne royale et décoration du grand ordre du Mugunghwa, la plus haute distinction honorifique du pays. Un geste hautement symbolique pour séduire un partenaire jugé exigeant, alors que Séoul espère obtenir un allègement des tarifs douaniers américains pesant sur son économie.
La guerre commerciale au centre du jeu diplomatique
Donald Trump a profité de cette tribune pour vanter sa politique économique et rappeler les liens industriels entre les deux nations. Mais la véritable épreuve diplomatique du sommet reste la rencontre prévue avec le président chinois Xi Jinping, ce jeudi.
Ce tête-à-tête s’annonce décisif après des mois d’escalade commerciale entre les États-Unis et la Chine.
Selon Choo Jaewoo, professeur à l’université Kyung Hee de Séoul, ces discussions ressemblent à « des négociations de la dernière chance ». Washington reproche à Pékin de ne pas ouvrir suffisamment son marché et de ne pas lutter contre la diffusion du fentanyl — une drogue qui ravage les États-Unis. En représailles, de nouvelles sanctions américaines ont été imposées en septembre sur le secteur stratégique des semi-conducteurs, aussitôt suivies de mesures de rétorsion chinoises.
Les semi-conducteurs, cœur battant du conflit
Pour de nombreux experts, les semi-conducteurs sont le nerf de cette guerre commerciale.
« Les deux pays ont adopté une rhétorique guerrière, mais chacun sait qu’un compromis est inévitable », estime Choo Jaewoo. « Les discussions porteront principalement sur la réduction des sanctions dans ce secteur sans compromettre la sécurité économique de l’un ou de l’autre. »
Ce fragile équilibre sera au cœur des débats, car au-delà des chiffres et des tarifs, se joue une redéfinition du leadership économique mondial.
Le libre-échange à l’épreuve du réalisme
Pour le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, hôte du sommet, le défi est clair : « L’APEC a été créée pour promouvoir le libre-échange et la coopération entre les économies du Pacifique. Aujourd’hui, nous devons prouver que cet esprit peut encore survivre. »
Mais dans un contexte où les sanctions et barrières douanières se multiplient, l’objectif semble difficile à atteindre. Selon Cho Hyun, il sera « compliqué d’adopter une déclaration forte en faveur du libre-échange », mais le simple fait que 21 dirigeants se réunissent pour évoquer la stabilité économique mondiale reste un signe encourageant.
Une “Déclaration de Gyeongju” devrait clore le sommet, axée sur la paix et la prospérité, même si le terme “libre-échange” reste sujet à débat.
Entre optimisme prudent et réalpolitik
Pour Séoul, l’enjeu est double : préserver son image de médiateur tout en favorisant une reprise du dialogue sino-américain. La Corée du Sud espère que la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping permettra de relancer la coopération économique régionale et d’apaiser les tensions qui menacent la stabilité du commerce mondial.
