Un an jour pour jour après l’effondrement tragique du auvent de la gare de Novi Sad, qui avait coûté la vie à 16 personnes, des milliers d’étudiants serbes ont entamé une marche commémorative vers la ville endeuillée.
Partis de Belgrade, ils espèrent transformer ce moment de mémoire en appel à un changement politique, malgré les obstacles dressés par le pouvoir pour limiter l’accès à la ville.
Une marche à la fois symbolique et politique
La longue colonne de marcheurs, accompagnée de voitures et de tracteurs, s’étire sur près de 80 kilomètres.
L’atmosphère, à la fois recueillie et déterminée, mêle chants, drapeaux et hommages aux victimes.
Ana, la quarantaine, observe la procession avec émotion :
« Je suis fière que les jeunes se lèvent. Pour la première fois, on sent que quelque chose peut vraiment changer. J’espère que cela aboutira à un nouveau départ pour la Serbie. »
Pour Milos, étudiant en électrotechnique, cette marche est avant tout un acte civique :
« On veut que cette commémoration soit la plus grande jamais vue à Novi Sad. Notre objectif, c’est de mettre la pression pour que des élections soient enfin organisées. »
“La seule façon démocratique de changer les choses, ce sont des élections”
Milena, étudiante en pédagogie, reconnaît la difficulté du parcours mais reste motivée :
« Ce n’est pas seulement une marche pour les victimes, c’est un message au gouvernement. Nous voulons des élections, car c’est la seule manière démocratique de faire bouger les choses. »
Les organisateurs insistent sur le caractère pacifique et commémoratif de l’événement, tout en maintenant leur exigence d’élections anticipées.
Pour l’heure, le président Aleksandar Vučić reste inflexible et refuse de répondre à cette demande.
