Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a assisté hier à Dubaï à la signature d’un avenant entre l’État du Sénégal, le Port autonome de Dakar et l’opérateur émirati DP World, confirmant la poursuite du projet du port en eau profonde de Ndayane, présenté comme l’un des investissements privés les plus importants de l’histoire économique du pays.
Un projet historique porté par trois présidences
La coopération avec DP World remonte à 2007, lorsque le gouvernement d’Abdoulaye Wade avait confié à l’opérateur la gestion du terminal à conteneurs du port de Dakar. En 2020, Macky Sall avait validé la construction du port de Ndayane pour désengorger Dakar et accroître les capacités d’accueil. La visite d’Ousmane Sonko aux Émirats s’inscrit dans la continuité de ces engagements, parallèlement à un forum économique à Abou Dhabi réunissant officiels sénégalais et partenaires émiratis.
Un chantier aux ambitions régionales
La première phase du projet représente un investissement de 840 millions de dollars, comprenant un terminal de 300 hectares, un chenal maritime de 5 km et un quai de 840 m, capable d’accueillir des navires de grande capacité. La seconde phase, estimée à 290 millions de dollars, prolongera ces infrastructures.
Le port sera accompagné d’une zone économique spéciale de 600 hectares, destinée à attirer des multinationales et à renforcer le rôle logistique du Sénégal en Afrique de l’Ouest.
Le projet devrait générer des milliers d’emplois pendant la construction, puis des postes permanents une fois le port opérationnel. Il vise également à décongestionner Dakar et à absorber une partie du trafic sous-régional, notamment celui lié au commerce malien.
Si le port de Ndayane est présenté comme une avancée stratégique, il suscite également de fortes attentes sur la redistribution des bénéfices économiques et l’impact sur l’aménagement du territoire. La réussite du partenariat avec DP World dépendra autant des aspects techniques que de l’intégration des retombées dans le tissu économique et social sénégalais.
