Inaugurée en novembre 2023 à l’occasion d’une visite conjointe du président sénégalais Macky Sall et de la vice‑secrétaire générale de l’ONU Amina J. Mohammed, la Maison des Nations unies à Diamniadio était présentée comme le symbole d’un nouveau souffle diplomatique et urbain. Ce complexe de 60 000 m², pensé pour regrouper les 34 agences onusiennes présentes au Sénégal — soit environ 2 400 postes de travail — devait incarner la vision « One UN », promouvoir la cohésion, réduire les coûts de location et améliorer l’efficacité opérationnelle .
Pourtant, aujourd’hui, le bâtiment reste désert. Aucune agence n’y a officiellement emménagé. Nombreuses continuent de fonctionner depuis Dakar ou de manière hybride, souvent en télétravail ou en location à distance. Ce statut d’« éléphant blanc » n’a cessé d’alimenter les critiques au fil des mois, notamment dans une enquête publiée en mai 2025 évoquant une « crise de liquidité » dans le financement onusien et des failles logistiques majeures à Diamniadio .

Les raisons structurelles sont nombreuses :
- Plusieurs agences peinent à absorber des coûts nouveaux après le retrait de financements, notamment de l’USAID, qui a réduit son soutien aux programmes humanitaires et de développement .
- L’isolement relatif de Diamniadio, avec ses infrastructures encore en développement, décourage le transfert depuis Dakar.
- Des désaccords internes à l’ONU sur la pertinence d’un hébergement centralisé freinent également l’adhésion au projet .
Les conséquences sont réelles :
- Le bâtiment, sans occupation ni entretien régulier, pourrait se détériorer rapidement, surtout face aux pluies de l’hivernage.
- Ce projet coûte désormais cher sans produire de valeur visible pour les populations, remettant en question l’utilité même de l’investissement initial.
Le moment est venu pour les autorités sénégalaises — et l’ONU — de trouver une solution pragmatique : revoir les négociations pour une installation progressive, redéfinir l’usage du site ou proposer une occupation partielle, tout en garantissant la maintenance minimale de cette infrastructure gigantesque. Car au-delà de l’image de marque, c’est une question centrale de gouvernance urbaine et de crédibilité diplomatique.
