Une réforme fiscale visant spécifiquement les transactions de mobile money sera examinée ce lundi 15 septembre par l’Assemblée nationale sénégalaise. Ce projet, qui modifie le Code général des impôts, ambitionne de générer 220 milliards de FCFA de recettes pour l’État tout en transformant en profondeur les habitudes de paiement de millions d’usagers.
Une fiscalité désormais différenciée
Le texte prévoit d’ajuster les taux de taxe en fonction de l’usage pour concilier objectifs budgétaires et encouragement à la dématérialisation :
· Transferts et retraits : le taux passe de 1% à 1,5%.
· Paiements chez les commerçants et des factures : un taux réduit de 0,5% pour inciter à l’usage digital plutôt qu’au cash.
· Micro-transactions : une exonération est prévue pour les petits montants (ex: en dessous de 3 000 FCFA).
· Services publics : les transactions liées à l’administration seront exemptées de toute taxe.
Concrètement, l’envoi de 10 000 FCFA coûtera 150 FCFA de taxe au lieu de 100 FCFA. À l’inverse, régler une facture de 20 000 FCFA ne coûtera que 100 FCFA de frais supplémentaires.
Un arbitrage délicat entre recettes et accessibilité
Si le gouvernement y voit un levier essentiel pour son plan de redressement économique, la réforme suscite des débats. Des parlementaires, comme Abdoul Ahad Ndiaye de la majorité, appellent à un dialogue avec les opérateurs et les consommateurs. Le risque ? Qu’une hausse trop brutale sur les transferts, usage le plus populaire, ne pousse la population à revenir au cash, sabotant ainsi les efforts de modernisation financière.
L’adoption de ce texte marquerait un tournant : les Sénégalais devront s’adapter à une nouvelle donne fiscale sur leurs transactions quotidiennes, avec l’espoir affiché d’accélérer la transition vers une économie numérique moins dépendante du liquide.
