La Russie a vivement réagi aux discussions européennes sur l’utilisation des avoirs russes gelés depuis 2022. Le Kremlin a comparé les pays impliqués à un “gang”, estimant que certains surveillent, d’autres s’emparent des fonds et que la Belgique chercherait à diluer la responsabilité. Une métaphore qui illustre la fermeté de Moscou face aux pistes explorées par l’Union européenne pour mobiliser ces ressources en faveur de l’Ukraine.
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, près de 300 milliards d’euros de réserves russes ont été gelés par l’Union européenne et le G7. Une large part de ces avoirs, appartenant à la Banque centrale de Russie, est détenue par Euroclear, le système de règlement-livraison basé en Belgique. Ces fonds continuent de générer des revenus importants, désormais au centre du débat européen.
Les Vingt-Sept étudient différentes options, dont la possibilité d’accorder à l’Ukraine un prêt garanti par ces actifs ou par les bénéfices qu’ils produisent. Cette piste suscite toutefois de fortes divergences. Certains États y voient un moyen direct de renforcer l’aide à Kiev, tandis que d’autres craignent des conséquences juridiques et financières complexes, notamment en cas de recours russes devant les instances internationales.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a martelé que les propositions discutées à Bruxelles sont « illégitimes » et a prévenu que Moscou lancerait des procédures judiciaires contre tout État ou institution procédant à une confiscation ou à une réaffectation des fonds. Pour la Russie, ces avoirs demeurent sa propriété souveraine et ne sauraient être utilisés sans risquer d’ouvrir une confrontation juridique de longue durée.
