La Russie a annoncé ce dimanche 26 octobre avoir réalisé avec succès l’essai final de son missile de croisière à propulsion nucléaire Bourevestnik, présenté comme une arme « à portée illimitée » par le président Vladimir Poutine. Cette annonce intervient alors que les discussions entre Moscou et Washington sur la guerre en Ukraine sont de nouveau dans l’impasse, après le report d’une rencontre entre Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump.
Dans une vidéo diffusée par le Kremlin, Vladimir Poutine a affirmé que les « tests décisifs » étaient désormais achevés, et a ordonné la préparation des infrastructures pour intégrer ce nouveau missile dans les forces armées russes.
« Une création unique », selon Poutine
Le Bourevestnik – « oiseau de tempête » en russe – aurait survolé 14 000 km pendant 15 heures lors de son dernier test, le 21 octobre, selon le chef d’état-major Valeri Guerassimov, précisant que cette distance ne représente « pas une limite ».
Présenté depuis 2018 comme une réponse aux capacités militaires américaines, ce missile est conçu pour déjouer les systèmes d’interception et maintenir la pression stratégique face à l’OTAN.
Pour Dimitri Minic, chercheur à l’Institut français des relations internationales, Moscou cherche à montrer sa force :
« Il y a une volonté de démonstration claire de la puissance nucléaire, et de rappeler qu’à chaque ligne rouge franchie, la Russie peut répondre. »
Washington et Moscou : dialogue fragile, tensions persistantes
Alors que Donald Trump affirmait vouloir mettre fin rapidement au conflit en Ukraine, la rencontre prévue à Budapest entre les deux dirigeants a été reportée sine die. Trump juge qu’aucune discussion « inutile » ne doit être engagée sans perspectives d’accord.
À la suite de ce report, les États-Unis ont renforcé les sanctions visant les hydrocarbures russes.
De son côté, Moscou accuse certains acteurs américains de vouloir « saboter » tout progrès diplomatique.
« Nous sommes témoins de tentatives titanesques de saper le dialogue entre la Russie et les États-Unis », a dénoncé Kirill Dmitriev, émissaire du Kremlin.
La guerre se poursuit sur le terrain
Dans la nuit de samedi à dimanche, une attaque de drones russe sur Kiev a fait trois morts et une trentaine de blessés, selon le maire Vitali Klitschko.
En Russie, une frappe de drones ukrainiens a causé la mort d’une personne dans la région de Belgorod, frontalière de l’Ukraine.
Malgré les déclarations de volonté de négocier, Vladimir Poutine a confirmé qu’aucun calendrier n’était fixé pour la fin des combats.
