Adoptée au petit matin du samedi 15 novembre 2025, la loi portant modification de la Constitution continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique béninoise. Le groupe parlementaire Les Démocrates (LD), principal bloc de l’opposition, rejette catégoriquement le processus ayant conduit à son adoption et exige l’annulation pure et simple du vote. Les élus annoncent également l’introduction de recours devant les juridictions compétentes.
Réunis au siège du parti à Cotonou dans la soirée du samedi, les députés de l’opposition ont dénoncé des « irrégularités majeures » qui, selon eux, entachent la crédibilité du scrutin. Le député Habib Woroucoubou a notamment affirmé que la version de la proposition de loi soumise au vote ne comportait pas certaines retouches pourtant annoncées, en particulier celles relatives aux réajustements de mandats.
Il a également dénoncé des interruptions de courant survenues en pleine séance : « Alors que nous étions presque à la fin du vote, une coupure d’électricité est soudainement intervenue », a-t-il déclaré. Après le rétablissement du courant, les travaux ont repris, avant qu’une deuxième coupure ne soit enregistrée quelques instants plus tard.
Du côté de la majorité parlementaire, la version est tout autre. Intervenant dans une émission spéciale diffusée sur Bénin TV ce dimanche 15 novembre, le député Orden Alladatin, président de la Commission des lois, a fermement démenti les accusations de l’opposition. « Pendant le dépouillement, il n’y a eu aucune coupure d’électricité », a-t-il assuré, faisant état d’une volonté des adversaires politiques de créer « une confusion inutile ».
Selon lui, les coupures enregistrées plus tôt dans la journée ne sauraient être utilisées pour remettre en cause la régularité du vote final. Il a également soutenu que l’erreur relevée dans le décompte des votants LD – 18 au lieu de 19 – n’était qu’une simple faute matérielle immédiatement corrigée.
Malgré les protestations, le vote est allé à son terme et la révision constitutionnelle a été adoptée par 90 voix pour et 19 contre. Les députés Les Démocrates affirment toutefois que les irrégularités constatées auraient dû entraîner la suspension de la séance et contestent également l’impartialité des deux scrutateurs, tous issus de la majorité parlementaire.
Face à ce qu’ils estiment être un processus « entaché d’irrégularités », les élus de l’opposition annoncent qu’ils saisiront toutes les voies légales afin d’obtenir l’annulation du vote.
Dans une publication diffusée quelques heures plus tard, le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, s’est pour sa part félicité du « sens élevé de responsabilité » dont ont fait preuve les députés, aussi bien de la majorité que de l’opposition, tout en saluant le bon déroulement de la procédure législative.
