Un récent rapport des Nations unies met en lumière une recrudescence des activités djihadistes à travers le monde. Alors que la pression militaire semblait avoir affaibli les réseaux de l’État islamique (EI) et d’Al-Qaïda, les experts de l’ONU constatent une réorganisation stratégique de ces groupes, avec un recentrage de leurs opérations vers des régions plus vulnérables et moins surveillées.
Le Sahel et la Corne de l’Afrique sous forte pression
En Afrique, la menace est particulièrement vive. La région du Sahel reste l’épicentre de l’instabilité, avec une montée en puissance constante du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et une implantation durable de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS). En Somalie, Al-Shabab maintient une emprise territoriale significative et intensifie ses attaques, notamment contre les forces de sécurité locales et les missions internationales.

Ces groupes bénéficient du retrait progressif de certaines forces étrangères et des fragilités institutionnelles des États concernés. Ils exploitent les conflits communautaires, les tensions ethniques et les difficultés socio-économiques pour élargir leur influence et recruter de nouveaux combattants.
Syrie, Asie centrale, Afghanistan : de nouvelles bases d’opérations
En Syrie, que l’État islamique et Al-Qaïda considèrent toujours comme un sanctuaire stratégique, les tensions persistent dans les zones frontalières et les camps de déplacés. La situation sécuritaire y reste volatile, notamment dans le nord-est du pays, où subsistent des cellules actives malgré les opérations de contre-terrorisme menées par les forces kurdes et leurs alliés.
Le rapport souligne par ailleurs une tendance inquiétante : le retour progressif de combattants terroristes étrangers vers l’Asie centrale et l’Afghanistan. La branche Khorasan de l’État islamique (EI-K) y constitue désormais une menace majeure, capable de planifier des attaques transfrontalières, voire internationales.
Occident : une menace diffuse mais persistante
L’Europe et les Amériques ne sont pas en reste. La menace y prend souvent la forme de radicalisations individuelles, activées ou inspirées à distance par les réseaux djihadistes. L’État islamique, notamment via sa branche Khorasan, continue de cibler les sociétés occidentales par la propagande en ligne et les appels à l’action violente.

Aux États-Unis, le début de l’année 2025 a été marqué par une attaque meurtrière à La Nouvelle-Orléans, faisant 14 victimes. L’attentat, attribué à un sympathisant d’Al-Qaïda, est le plus grave sur le sol américain depuis près d’une décennie. D’autres projets ont été déjoués, dont un visant une base militaire dans le Michigan.
Une menace évolutive face à une réponse dispersée
Le rapport souligne que les groupes terroristes, loin d’être éradiqués, se montrent particulièrement résilients. Ils modifient leurs zones d’opération, adaptent leurs modes d’action et profitent des failles sécuritaires mondiales. Face à eux, la coopération internationale reste parfois fragmentée, et les moyens alloués à la lutte antiterroriste inégalement répartis selon les régions.
Pour les experts onusiens, la menace djihadiste reste mondiale, mouvante et polymorphe. Elle exige une réponse concertée, durable et adaptée aux réalités géopolitiques actuelles.
