L’Allemagne a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de réarmement. Le conglomérat Rheinmetall a inauguré, mercredi 27 août 2025, à Unterlüss (près de Hanovre), la future plus grande usine de munitions d’Europe.
Une usine stratégique
Construit en seulement 15 mois, le site doit produire dès cette année 25 000 obus de 155 mm, avec un objectif de 350 000 unités par an d’ici 2027. Implanté sur un espace équivalent à cinq terrains de football, le complexe sera largement robotisé et accueillera environ 500 employés.
L’investissement, estimé à plus de 500 millions d’euros, reflète le tournant stratégique de Berlin depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. L’usine doit avant tout répondre à la commande record de la Bundeswehr (8,5 milliards d’euros en munitions), tout en soutenant l’armée ukrainienne grâce à des livraisons directes ou via des pays alliés.
Un signal politique et militaire
Présent à l’inauguration, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a souligné l’importance d’accroître les capacités de production face au développement rapide des armées russe et chinoise :
« Nous devons redémarrer certaines de nos lignes de production à l’arrêt, mettre au point des procédés plus rapides et acquérir les composants nécessaires ».
Le vice-chancelier allemand Lars Klingbeil a présenté ce projet comme un signal fort à l’Ukraine, tandis que le ministre de la Défense Boris Pistorius a insisté sur la responsabilité croissante de l’Allemagne dans la sécurité européenne.
Diversification et montée en puissance
En plus des obus, le site produira dès l’an prochain des moteurs de fusées, en partenariat avec Lockheed Martin. Rheinmetall, déjà leader européen de l’armement terrestre, consolide ainsi sa position face aux groupes Nammo (Norvège) et Nexter (France).
Parallèlement, le gouvernement allemand a adopté un projet de loi pour renforcer le recrutement militaire, incluant un possible service obligatoire partiel. Avec ces efforts, pour que Berlin prévoit de porter son budget défense à 3,5 % du PIB d’ici 2029, contre à peine 1 % avant la guerre en Ukraine.


