Longtemps silencieux, Joseph Kabila refait surface sur la scène politique congolaise.
L’ancien président, condamné à mort par contumace fin septembre, a pris la tête d’une nouvelle coalition d’opposition baptisée « Sauvons la République démocratique du Congo » (SRDC), selon des informations rapportées par APnews.
Cette plateforme, issue d’un conclave tenu à Nairobi, entend rassembler les forces politiques et civiles face à ce que ses initiateurs qualifient de « dérive autoritaire » du pouvoir en place.
Une alliance inédite face au pouvoir
Autour de Kabila, plusieurs personnalités de l’opposition ont répondu présent : Augustin Matata Ponyo, Franck Diongo, Seth Kikuni, André Claudel Lubaya et Bienvenu Matumo, représentant de la société civile.
Tous partagent la même ambition : « restaurer la gouvernance démocratique » et « favoriser la réconciliation nationale ».
Si certains leaders historiques de l’opposition ont préféré garder leurs distances, cette alliance marque le retour stratégique d’un homme que beaucoup pensaient écarter définitivement du jeu politique.
Selon ses soutiens, il s’agit d’un front commun destiné à peser dans les prochains rapports de force avec le régime de Félix Tshisekedi.
Une condamnation lourde de sens
Le retour de Kabila intervient dans un contexte explosif. Fin septembre, une haute cour militaire de Kinshasa l’a condamné à mort par contumace, pour trahison et crimes de guerre, en lien avec la rébellion du M23.
Des accusations que l’ancien président rejette catégoriquement. Ses alliés dénoncent un « procès politique », estimant que cette décision vise à l’écarter durablement de la scène nationale.
Mais loin de se résigner, Kabila choisit de transformer sa défense en acte politique. Son retour au premier plan, malgré cette condamnation, apparaît comme une réplique symbolique : celle d’un homme qui tente de reprendre la parole face à la justice militaire et à un pouvoir qu’il accuse d’acharnement.
Une tentative de recomposition politique
Dans la déclaration finale adoptée à Nairobi, les membres du SRDC promettent d’agir « à l’unisson » pour redonner espoir au peuple congolais.
Leur feuille de route reprend les douze points présentés par Kabila en mai dernier, centrés sur la refondation des institutions, la sécurité nationale et la souveraineté du territoire.
Cependant, cette alliance reste fragile et hétérogène. Entre ambitions personnelles et méfiances persistantes, sa cohésion dépendra de la capacité de Kabila à rassembler au-delà de son cercle historique.
Un retour entre passé et avenir
Plus qu’un simple acte politique, ce retour signe le come-back d’un ancien chef d’État que l’on disait fini, mais qui cherche à redevenir un acteur clé d’une opposition en recomposition.
Dans une RDC toujours minée par les crises sécuritaires et institutionnelles, Joseph Kabila joue désormais sa dernière carte politique : celle de la réhabilitation par le combat.
