La Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) a officiellement mis en demeure Radio Tokpa pour avoir diffusé des émissions faisant la promotion de pratiques ésotériques et de guérisons non réglementées. La décision, rendue publique le 22 juillet 2025, concerne spécifiquement des contenus diffusés les 1er juin et 6 juillet derniers.
Des manquements professionnels dénoncés
Dans son communiqué, le régulateur des médias béninois dénonce des manquements graves à l’éthique professionnelle. Au cours des émissions incriminées, des tradipraticiens ont été autorisés à vanter des produits présentés comme ayant des vertus « mystiques », tout en communiquant leurs coordonnées personnelles à l’antenne. Pour la HAAC, ces agissements contreviennent aux règles strictes interdisant la promotion de produits ou pratiques non validés à des fins de traitement médical ou spirituel.
L’instance de régulation rappelle que de telles émissions sont proscrites, en vertu des textes en vigueur, qui interdisent la diffusion de contenus portant sur des guérisons surnaturelles, des produits de la pharmacopée traditionnelle ou des consultations à caractère spirituel.

Grille des programmes non soumise depuis 2023
Outre ces dérives éditoriales, Radio Tokpa est également épinglée pour n’avoir pas transmis sa grille de programmes depuis 2023, une obligation pourtant prévue par sa convention d’exploitation. Cette absence de transparence dans la programmation constitue, selon la HAAC, une infraction supplémentaire.
Interdiction d’antenne pour deux intervenants
En réponse, la HAAC interdit désormais aux tradipraticiens identifiés — Dah Kpodégbé Sèna Dedome, connu sous le nom de « Dah Adankanlin », et Dah AvivoMansi Dègbo — d’intervenir sur les antennes de Radio Tokpa jusqu’à nouvel ordre. En cas de récidive, la station privée s’expose à des sanctions plus sévères, incluant le retrait de sa fréquence.
Cette mise en demeure marque une volonté réaffirmée du régulateur de lutter contre les dérives médiatiques liées à l’ésotérisme et aux pratiques non autorisées, dans un contexte où la santé publique et l’information responsable demeurent des priorités nationales.
