Les tensions montent à Yaoundé dans le cadre du scrutin présidentiel du 12 octobre. Le Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), formation politique d’Issa Tchiroma Bakary, a annoncé son retrait de la commission de recensement général des votes, accusant l’instance de fraudes massives.
Selon plusieurs témoins présents lors de la séance du samedi 18 octobre, le représentant du FSNC aurait dénoncé « des irrégularités flagrantes » avant de quitter la salle. L’incident est survenu alors que la commission avait déjà terminé la compilation des résultats de cinq régions, notamment le Sud-Ouest, l’Est et les trois régions septentrionales.
Des chiffres jugés “anormalement élevés” dans certaines régions
Le camp d’Issa Tchiroma conteste notamment les taux de participation enregistrés dans les régions de l’Est et du Sud-Ouest, jugés « anormalement élevés » par rapport au reste du pays. Les écarts de voix importants en faveur du président sortant Paul Biya ont également alimenté les soupçons de manipulation.
Cependant, d’après des sources internes à la commission, le représentant du FSNC n’a pas pu présenter de procès-verbaux contradictoires pour appuyer ses accusations. Malgré cette défection, les travaux de la commission se sont poursuivis jusqu’à leur clôture, en présence des représentants des autres candidats.
Le Conseil constitutionnel désormais saisi
La copie finale des résultats provisoires doit désormais être transmise au Conseil constitutionnel, seule institution habilitée à proclamer les résultats définitifs. L’étape du contentieux post-électoral s’annonce déjà tendue, plusieurs voix appelant à l’annulation pure et simple du scrutin.
Le verdict du Conseil constitutionnel est attendu au plus tard le 26 octobre 2025. Une échéance décisive pour un pays où chaque présidentielle ravive les débats sur la transparence électorale et le respect du choix des urnes.
