Benjamin Netanyahu a prononcé, vendredi, un discours ferme à l’Assemblée générale de l’ONU, rejetant toute reconnaissance d’un État palestinien et promettant de poursuivre l’offensive israélienne à Gaza, malgré les condamnations internationales et le départ en masse de plusieurs délégations au début de son intervention.
Devant l’Assemblée, le Premier ministre israélien a revendiqué les succès militaires de son pays contre le Hamas et les mouvements armés qui, selon lui, ont porté atteinte à la sécurité d’Israël lors de l’attaque du 7 octobre 2023 — une opération ayant fait, selon les bilans israéliens, environ 1 200 morts et conduit à l’enlèvement de centaines de personnes, dont près d’une cinquantaine restent détenues à Gaza. Netanyahu a martelé que l’objectif d’Israël demeure l’anéantissement du « régime terroriste » du Hamas et la garantie que « cette barbarie ne menace plus jamais » l’État hébreu.
Ses propos ont heurté l’assistance : plusieurs délégations ont quitté la salle au moment de son arrivée, tandis que des membres du public sont restés debout pour l’applaudir. Le chef du gouvernement israélien a notamment repris l’argument selon lequel les appels à reconnaître un État palestinien constitueraient un encouragement au terrorisme, affirmant que la voie choisie par certains pays n’apporterait ni paix ni sécurité à la région.
Le conflit a infligé des pertes humaines massives à Gaza : les autorités sanitaires palestiniennes y estiment à ce stade plus de 65 000 décès, un bilan qui ravive les appels internationaux à la protection des civils et au déploiement d’une aide humanitaire accrue. Ces chiffres, cités par plusieurs organisations et médias, traduisent l’ampleur de la crise humanitaire et alimentent les critiques contre l’intensité des opérations militaires israéliennes.
Dans son intervention, Netanyahu a contesté les accusations d’exactions et de génocide, demandant aux États et aux organisations internationales d’examiner la réalité des combats et la responsabilité du Hamas dans l’embrasement initial. Il a soutenu que Israël prendrait des mesures pour minimiser les pertes civiles, tout en défendant la nécessité de poursuivre la pression militaire pour neutraliser la capacité offensive du mouvement islamiste.
La scène à New York illustre la polarisation accrue au sein de la communauté internationale sur le dossier israélo-palestinien. Tandis que certains États multiplient les gestes de reconnaissance en faveur d’une solution à deux États, d’autres, à l’image d’Israël et de ses soutiens, estiment qu’une telle reconnaissance avant un cessez-le-feu effectif et des garanties de sécurité favoriserait l’impunité des groupes armés. L’épisode renforce la perspective d’un blocage diplomatique durable, alors que les appels à une trêve humanitaire se multiplient.
La suite des initiatives diplomatiques dépendra des prochains mouvements sur le terrain et de la capacité des acteurs régionaux et internationaux à imposer des modalités de négociation crédibles. Entre déclarations incendiaires à l’ONU et tragédies humaines sur le terrain, la crise gazaouie reste une priorité brûlante des travaux multilatéraux, sans solution immédiate en vue.
