Afrique : vers une révolution minière locale

Le Zimbabwe, le Nigéria et la République démocratique du Congo ont annoncé de nouvelles orientations lors du Forum ministériel de l’African Mining Week 2025, organisé du 1ᵉʳ au 3 octobre à Cape Town. Les trois pays affichent une ambition commune : rompre avec l’exportation brute de leurs ressources pour investir massivement dans la transformation locale. À travers des réformes législatives, des zones industrielles et la construction de nouvelles raffineries, ils veulent bâtir des économies plus autonomes et compétitives, capables de redéfinir la place de l’Afrique dans les chaînes mondiales de valeur.

Au Zimbabwe, le ministre Winston Chitando a confirmé le lancement d’une raffinerie de métaux de base dans les deux prochaines années afin de valoriser les immenses réserves de platine. Trois zones industrielles à Hwange, Beitbridge et près de Harare deviendront des pôles de production destinés à accroître les exportations à forte valeur ajoutée.

Le Nigéria, de son côté, vise la construction d’une économie minière évaluée à 1 milliard de dollars d’ici 2030. Le secrétaire permanent du ministère, Yusuf Farouk Yabo, a précisé que la loi minière de 2011 est en cours de révision afin d’adapter le cadre juridique aux besoins du secteur privé et d’attirer davantage de capitaux étrangers. L’objectif affiché est d’accélérer la diversification économique du pays et de redistribuer plus équitablement les revenus issus des ressources naturelles.

En République démocratique du Congo, le ministre Louis Watum Kabamba a mis en avant la création de zones économiques spéciales, conçues pour simplifier les procédures fiscales et stimuler les investissements industriels. Le pays, déjà l’un des plus grands producteurs mondiaux de cuivre et de lithium, souhaite mieux valoriser ses ressources stratégiques en instaurant un guichet unique pour les opérateurs du secteur.

Ces trois trajectoires se rejoignent autour d’une même volonté : industrialiser la production minière afin de renforcer la souveraineté économique. Aujourd’hui, près de 70 % des ressources africaines sont encore exportées à l’état brut, un modèle hérité de décennies de contrats dominés par des multinationales étrangères. Cette dépendance limite les retombées locales et expose les économies aux fluctuations des prix mondiaux.

Face à ce constat, de plus en plus de gouvernements africains s’orientent vers des stratégies visant à retenir une part plus importante de la valeur créée sur leur sol. Le Zimbabwe mise sur ses infrastructures, le Nigéria sur un cadre légal modernisé et la RDC sur un environnement fiscal attractif. Ensemble, ces initiatives pourraient ouvrir la voie à un marché africain intégré des métaux, capable de répondre aux besoins du continent tout en s’imposant comme un acteur clé sur la scène internationale.

En privilégiant la transformation locale, ces trois puissances minières posent les jalons d’une nouvelle ère où l’Afrique ne serait plus seulement un fournisseur de matières premières, mais un centre de production et d’innovation.

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