Casablanca, Maroc – Le chantier de la future ligne à grande vitesse (LGV) Kénitra–Marrakech entre dans une nouvelle phase. Le groupe chinois Covec a officiellement entamé les travaux du lot 10, une section stratégique de 61 kilomètres autour de Casablanca.
Les premiers pieux ont été enfoncés fin mai dans la zone du pont PRO0137, marquant le début des ouvrages d’art. Le lot, attribué pour un montant d’environ 1,34 milliard de dirhams, inclut plusieurs infrastructures complexes, notamment des ponts ferroviaires, des ouvrages hydrauliques, des passages dénivelés, ainsi que des opérations de déplacement de réseaux.
Covec, filiale du géant China Railway Group Limited (CREC), rejoint ainsi la liste croissante d’entreprises chinoises engagées dans ce méga-projet, aux côtés de China Railway No.4 Engineering, CRCC 20 ou Shandong Hi-Speed. Ces entreprises ont remporté en 2024 la réalisation de plusieurs lots civils du tracé LGV.
Ce nouveau tronçon s’inscrit dans le cadre de l’ambitieux plan de modernisation ferroviaire lancé par le roi Mohammed VI. Le programme prévoit un investissement global de 96 milliards de dirhams pour connecter Kénitra à Marrakech via Rabat et Casablanca, avec des vitesses commerciales pouvant atteindre 320 km/h. La mise en service est envisagée à l’horizon 2029–2030.
Selon les autorités marocaines, cette LGV réduira de moitié le temps de trajet entre Tanger et Marrakech, passant à environ deux heures. L’infrastructure est également présentée comme un levier de désenclavement économique, de cohésion territoriale et d’attractivité touristique, notamment en prévision de la Coupe du monde 2030, que le Maroc co-organisera avec l’Espagne et le Portugal.
La forte présence d’opérateurs chinois sur ce chantier symbolise le renforcement des relations économiques sino-marocaines, Pékin s’affirmant comme un partenaire de plus en plus influent dans les grands projets d’infrastructure en Afrique du Nord.
