Moins de treize mois après le décès de son épouse, le pasteur congolais Marcello Tunasi, figure influente de l’église évangélique La Compassion, a choisi de refaire sa vie. Le 23 juillet 2025, il a uni sa destinée à celle d’Esther Aïcha, fidèle de sa congrégation, lors d’une cérémonie qui n’a pas manqué de provoquer un déluge de réactions sur les réseaux sociaux.
Veuf depuis le 12 juin 2024, date du décès brutal de Blanche Tunasi à Istanbul des suites d’un arrêt cardiaque, le leader spirituel congolais a annoncé son remariage via ses plateformes sociales. Affirmant s’être engagé « dans la volonté de Dieu, au temps de Dieu, avec la personne que Dieu a choisie », il a tenté de désamorcer la polémique avant même qu’elle ne prenne de l’ampleur. Mais les critiques n’ont pas tardé.

De nombreux internautes lui reprochent la rapidité de sa nouvelle union, estimant que le deuil de son épouse n’a pas été respecté. Certains évoquent un manque de retenue, d’autres soulignent ce qu’ils perçoivent comme un contre-exemple venant d’un homme censé incarner humilité et sagesse.
Face à cette vague de reproches, le pasteur Tunasi a choisi de s’exprimer publiquement, non par voie de communiqué officiel, mais depuis la chaire de son église. Lors d’un sermon prononcé le 27 juillet 2025, il a délivré un message qu’il n’a pas explicitement adressé à ses détracteurs, mais dont la cible ne fait guère de doute.
« Vous m’insultez, moi, je sers Dieu. Vous m’insultez, moi, je prêche, je chante, je danse », a-t-il déclaré devant ses fidèles, ajoutant : « Lorsque tu atteins ce niveau, les ennemis vont se fatiguer, parce que rien ne te touche. »
La vidéo de cette prédication, largement diffusée sur les réseaux sociaux, a suscité des réactions partagées. Si une partie des fidèles y voit un témoignage de force et de détachement spirituel, d’autres internautes, à l’instar de Josia Koumba, dénoncent une posture qu’ils jugent arrogante. « Un homme de Dieu censé prêcher la paix ne devrait pas répondre aux pics comme un internaute blessé », écrit-il dans un commentaire, pointant un décalage entre l’attitude attendue d’un guide religieux et celle affichée en ligne.

Le nom de Marcello Tunasi reste associé à l’ascension rapide de l’église La Compassion sur la scène évangélique africaine. Son épouse défunte, Blanche Tunasi, était une figure active de la communauté, mère de leurs quatre enfants : Oracle, Shukrani, Shiphra et Thabiri.
Ce nouvel épisode souligne une fois encore la difficulté pour les figures religieuses d’évoluer dans l’ère numérique, où chaque décision, privée ou publique, est immédiatement soumise au tribunal impitoyable de l’opinion en ligne.
