Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), branche d’Al-Qaïda au Mali, est passé à l’offensive après avoir annoncé un blocus dans une récente vidéo diffusée en ligne. Les djihadistes ont commencé à incendier des camions transportant du carburant vers le pays, une nouvelle stratégie visant à couper le Mali de ses approvisionnements vitaux.
À Bamako, la peur grandit parmi la population, certains redoutant que les extrémistes prennent le contrôle du pays. « Les djihadistes propagent l’idée qu’ils s’emparent de tout le territoire. À Bamako, cela nous inquiète, mais c’est de la propagande. Ils ne pourront pas prendre la capitale », affirme Cheick Oumar Coulibaly, ancien militaire, qui se veut rassurant malgré l’atmosphère pesante.
Si la capitale avait déjà été ciblée par des attaques, notamment en 2024 contre un camp militaire et l’aéroport, la méthode actuelle marque une évolution : il s’agit désormais de paralyser l’économie en s’attaquant aux flux de carburant.
« Près d’un tiers des importations du Mali concernent le carburant et ses dérivés. Le Sénégal constitue une source essentielle d’approvisionnement, tout comme pour le ciment. En attaquant ces convois et certaines unités industrielles, les groupes armés cherchent clairement à asphyxier économiquement le pays et à couper Bamako de ses ressources », explique l’économiste Modibo Mao Makalou.
Depuis 2012, le Mali est enlisé dans une spirale d’insécurité, amorcée avec la prise du nord par les groupes armés. La violence, initialement contenue au centre et au nord, s’est étendue vers le sud, malgré l’intervention militaire française en 2013. Aujourd’hui, le pays enclavé reste extrêmement dépendant de ses importations, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux actions du JNIM.
En 2022 déjà, les sanctions de la CEDEAO avaient menacé de paralyser l’économie malienne. La nouvelle tactique des djihadistes vise désormais à reproduire un isolement similaire, mais par la violence armée.
