Face aux tensions croissantes dans le détroit de Taïwan et à la rivalité stratégique avec Washington, la Chine lève (subtilement) le voile sur son avion de chasse le plus avancé : le J-35. Une démonstration de puissance qui envoie un signal clair à l’Occident.
Alors que le monde reste suspendu aux développements des conflits en Ukraine, en mer de Chine méridionale ou encore au Moyen-Orient, la course à la suprématie aérienne entre les États-Unis et la Chine franchit un nouveau cap. Le géant asiatique, à travers une diffusion subtile mais calculée, vient de révéler au grand public des images de son futur chasseur furtif embarqué : le J-35.
Une fuite contrôlée pour un message stratégique
C’est lors d’un reportage de la chaîne d’État chinoise CCTV, consacré à l’avion embarqué J-15T, que deux prototypes du J-35 sont apparus furtivement en arrière-plan. Cette scène, rapidement décortiquée par les analystes militaires, ne doit rien au hasard. Pékin semble avoir voulu tester la réaction internationale, tout en affichant ses avancées technologiques.
Le J-15T, évolution modernisée du vieillissant J-15, affiche déjà des caractéristiques impressionnantes : train renforcé, doubles roues avant, compatibilité avec les catapultes électromagnétiques (EMALS)… Mais ce sont bien les J-35 furtifs qui ont capté l’attention, en raison de leur caractère encore officieusement classé.
Le J-35 : la réponse chinoise aux F-35 américains
Développé par Shenyang Aircraft Corporation, sous la houlette d’AVIC, le J-35 est un chasseur furtif de 5ᵉ génération destiné aux porte-avions. Doté d’un design rappelant fortement le F-35C américain, il serait conçu pour l’interopérabilité en guerre en réseau, avec des systèmes de liaison de données avancés, une signature radar extrêmement réduite, et une capacité d’emport en soute d’armements intelligents.
D’après les dernières estimations d’experts de Janes Defense Weekly et du CSIS, la version du J-35 repérée pourrait déjà être prête pour une pré-série destinée à équiper le nouveau porte-avions chinois Fujian, qui effectuera ses premiers essais en haute mer fin 2025. Le Fujian, doté de catapultes électromagnétiques, est conçu pour accueillir ce type d’appareil.
Une montée en puissance qui inquiète Washington
Le Pentagone n’a pas officiellement commenté cette « apparition », mais les récentes déclarations du commandement indo-pacifique américain laissent peu de doute : les États-Unis surveillent de très près la montée en puissance navale chinoise. Le J-35 pourrait constituer une alternative régionale crédible au F-35C, notamment pour les pays qui hésitent encore entre les technologies occidentales et celles proposées par la Chine, moins chères mais de plus en plus compétitives.
À cela s’ajoute la multiplication des exercices conjoints entre la Chine, la Russie et l’Iran, qui alimentent les craintes d’un bloc géopolitique alternatif capable de défier les standards militaires occidentaux.
Europe, Moyen-Orient, Afrique : des répercussions globales
La révélation du J-35 intervient alors même que plusieurs pays européens, notamment la Grèce, la Hongrie et l’Espagne, tergiversent sur leurs futurs investissements militaires. Rafale français, Eurofighter Typhoon ou F-35 américain ? Désormais, un troisième acteur entre dans la compétition : la Chine.
En Afrique et au Moyen-Orient, Pékin renforce déjà sa présence militaire via des partenariats stratégiques et des livraisons d’équipements à prix compétitif. Le J-35 pourrait devenir un symbole de cette diplomatie de la puissance, notamment si des versions exportables venaient à être développées à moyen terme.
