Deux semaines après la visite du président syrien Ahmad al-Charaa à Moscou, les vols militaires russes à destination de la Syrie ont discrètement repris, selon l’agence Bloomberg. Une reprise qui marque un retour stratégique de la Russie au Moyen-Orient, après plusieurs mois d’interruption.
Cette rencontre au Kremlin, présentée comme un signe de rapprochement entre Moscou et Damas, avait laissé en suspens plusieurs interrogations, notamment celle de l’avenir des bases russes en Syrie. Ces installations — la base aérienne de Hmeimim, près de Lattaquié, et le port militaire de Tartous — sont des atouts géostratégiques majeurs pour Moscou, lui permettant de projeter sa puissance militaire au Moyen-Orient et en Afrique.
Des vols qui se multiplient discrètement
Selon Flight Radar, au moins deux avions militaires russes ont récemment été repérés dans la zone de Lattaquié. L’un d’eux, un Illyouchine de transport, aurait effectué un trajet Libye – Syrie – région de Moscou, tandis que trois passages d’un Antonov — un appareil à forte capacité de chargement — ont également été enregistrés.
Ces mouvements laissent penser à une reprise progressive des opérations logistiques russes dans la région. Bloomberg cite une source proche du Kremlin affirmant qu’il s’agirait du début de vols réguliers. D’autres observateurs restent prudents, évoquant plutôt de simples vols de transit.
Moscou veut préserver son influence régionale
La Russie cherche désormais à redéfinir le statut de ses bases syriennes. D’après le quotidien russe Kommersant, les discussions en cours entre Moscou et Damas viseraient à convertir ces sites militaires en plateformes logistiques civiles, tout en conservant la possibilité de les réactiver à des fins militaires si nécessaire.
Pour Moscou, ces bases restent au cœur de sa stratégie d’expansion au Moyen-Orient et sur le continent africain. Leur maintien symbolise la volonté du Kremlin de préserver son rôle d’acteur incontournable dans la région, malgré les tensions internationales et les défis économiques liés à la guerre en Ukraine.
