Soudan : Khartoum accuse Abou Dhabi de financer des mercenaires étrangers

Le gouvernement soudanais a officiellement accusé les Émirats arabes unis de financer le recrutement de mercenaires étrangers, notamment en provenance de Colombie et de plusieurs pays africains, pour combattre aux côtés des Forces de soutien rapide (RSF), opposées à l’armée nationale depuis avril 2023. Dans un communiqué publié lundi, le ministère soudanais des Affaires étrangères affirme détenir des « preuves irréfutables » sur ces activités, sans en divulguer les détails.

Les autorités soudanaises qualifient cette implication présumée d’« intervention directe » dans un conflit interne, et alertent sur « un phénomène sans précédent », selon leurs termes, qui constituerait une menace majeure pour la stabilité régionale. Selon Khartoum, plusieurs centaines de milliers de mercenaires seraient actuellement mobilisés à travers l’Afrique, bien qu’aucune estimation indépendante ne confirme ce chiffre à ce stade.

Les Émirats arabes unis ont immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant d’« allégations infondées ». Par la voix de leur ministère des Affaires étrangères, Abou Dhabi dénonce une tentative de détourner l’attention de la communauté internationale des « responsabilités internes » des autorités soudanaises dans la poursuite du conflit.

Ce n’est pas la première fois que le Soudan met en cause le rôle d’Abou Dhabi. Depuis le début de la guerre entre l’armée régulière dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan et les RSF commandées par Mohamed Hamdan Daglo, les autorités soudanaises dénoncent un appui logistique et militaire présumé des Émirats aux paramilitaires. Des véhicules blindés de fabrication émiratie avaient déjà été signalés sur le terrain, notamment dans un rapport d’Amnesty International publié fin 2023. Ce rapport faisait état de matériels équipés de technologies de défense d’origine européenne, récupérés lors de combats.

Le conflit au Soudan a fait à ce jour plus de 40 000 morts, selon les estimations d’organisations internationales. Il a également provoqué le déplacement de près de 12 millions de personnes, un exode massif qui accentue la pression humanitaire dans les régions frontalières et au-delà. Plusieurs millions d’habitants restent aujourd’hui exposés à un risque élevé de famine, tandis que les deux camps sont accusés de violations graves des droits humains : exécutions sommaires, violences sexuelles, disparitions forcées et nettoyage ethnique.

Alors que les négociations de paix stagnent, ces nouvelles accusations fragilisent davantage les perspectives de règlement du conflit, dans un contexte régional déjà marqué par une forte instabilité.

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