La tension est montée d’un cran lundi 14 juillet 2025 dans le camp de réfugiés de Kakuma, au nord-ouest du Kenya.
Ce jour-là, des centaines de réfugiés sont descendus dans les rues du camp pour dénoncer des pénuries alimentaires et d’eau devenues intenables. En réponse, la police kényane a ouvert le feu à balles réelles, faisant au moins quatre blessés, selon des témoignages recueillis sur place.
Des conditions de survie de plus en plus précaires
Le camp de Kakuma, qui abrite plus de 200 000 réfugiés originaires du Soudan du Sud, de la RDC, de la Somalie et de l’Éthiopie, est l’un des plus vastes camps de réfugiés en Afrique.
Mais ces derniers mois, les conditions de vie se sont fortement détériorées. En cause : la réduction drastique de l’aide humanitaire, conséquence directe de coupes budgétaires opérées notamment par l’USAID (Agence américaine pour le développement international), depuis le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis en janvier 2025.
“Plus rien ne va ici. Plus de nourriture, plus d’eau, pas de soins… et c’est nous qui en payons le prix. Si Trump peut nous entendre, qu’il sache qu’on souffre à cause de ses décisions”, s’indigne Mama Kayembe, une réfugiée congolaise installée à Kakuma depuis 2019.
Le HCR et le PAM en alerte maximale
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) avaient prévenu : la réduction des financements allait contraindre à des coupures dans les rations alimentaires, déjà insuffisantes.
Depuis début 2025, les portions ont été divisées par deux, ne couvrant plus les besoins quotidiens en calories des réfugiés. Cette situation a conduit à une montée progressive de la colère.
Lundi, la goutte d’eau a fait déborder le vase. Plusieurs centaines de manifestants ont exigé une reprise immédiate de l’approvisionnement. La réponse a été brutale : forces de l’ordre lourdement armées, usage de la force, tirs réels.
Une crise humanitaire oubliée ?
Si les projecteurs médiatiques sont souvent tournés vers d’autres zones de conflit, la situation à Kakuma est emblématique d’une crise silencieuse qui touche plusieurs camps de réfugiés en Afrique de l’Est.
Les ONG tirent la sonnette d’alarme : sans soutien international urgent, la situation pourrait dégénérer davantage.
Des appels au calme ont été lancés par le HCR, mais aucune annonce officielle du gouvernement kényan ou de l’ambassade américaine n’a encore été faite concernant une éventuelle reprise de l’aide.
🎙️La crise de Kakuma met en lumière les conséquences humaines directes des décisions géopolitiques à l’échelle mondiale. À mesure que les financements humanitaires s’amenuisent, ce sont des millions de vies qui basculent dans la précarité. À Kakuma, la colère gronde… et le silence politique devient assourdissant.
