Cameroun : Maurice Kamto exclu de la présidentielle 2025, la controverse enfle

La Commission électorale nationale indépendante (ELECAM) a publié samedi la liste provisoire des 13 candidats validés pour l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Grande surprise : Maurice Kamto, figure centrale de l’opposition camerounaise, ne fait pas partie des prétendants autorisés à se présenter.

L’annonce, faite sans explication officielle, a suscité une vive émotion dans le paysage politique. Âgé de 71 ans, ancien ministre et professeur de droit international, Maurice Kamto s’était imposé comme le principal opposant au président Paul Biya, qu’il avait affronté lors de la présidentielle de 2018 en récoltant 14 % des suffrages exprimés.

Selon les dispositions légales en vigueur, les candidats dont la candidature a été rejetée disposent d’un délai de deux jours pour introduire un recours auprès de l’organe électoral. Aucune information n’a encore été communiquée sur une éventuelle démarche en ce sens de la part de Kamto ou de son parti, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).

Pendant ce temps, Paul Biya, 91 ans, au pouvoir depuis 1982 et président sortant sous la bannière du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), figure bel et bien sur la liste officielle. Il brigue un huitième mandat, dans un contexte où la confiance des citoyens envers le processus électoral reste fragile.

L’exclusion de Kamto, considéré comme le porte-voix de la jeunesse urbaine et d’une frange importante des électeurs mécontents, soulève de nombreuses interrogations sur la régularité du scrutin à venir. Plusieurs voix s’élèvent déjà pour dénoncer une élection verrouillée en amont.

Le Département de la sécurité des Nations unies a signalé un risque élevé de manifestations dans les grandes villes, notamment à Yaoundé et Douala, où la tension monte autour des locaux d’ELECAM.

Pour les observateurs, tant nationaux qu’internationaux, ce développement fragilise davantage la crédibilité du processus électoral camerounais. Une élection sans Kamto pourrait non seulement entacher la légitimité des résultats, mais également accentuer les divisions politiques dans un pays déjà traversé par des tensions socio-politiques latentes.

La suite dépendra du traitement des éventuels recours et de la capacité des institutions à garantir un climat électoral apaisé et équitable.

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