Face à la montée des tensions régionales, le Japon continue sa mue stratégique. Après avoir voté en décembre 2024 un budget inédit destiné à renforcer ses capacités de riposte longue portée, Tokyo franchit un nouveau seuil. Pour l’exercice 2025-2026, le ministère de la Défense réclame une enveloppe de 8 800 milliards de yens (environ 51,3 milliards d’euros), un sommet jamais atteint dans l’histoire du pays.
Cette demande s’inscrit dans le plan quinquennal qui vise à porter les dépenses militaires à 2 % du PIB d’ici 2027-2028, rompant définitivement avec la stricte doctrine pacifiste héritée de l’après-guerre.
Une rupture stratégique assumée
Avec cette proposition, Tokyo dépasse déjà le précédent record de 8 700 milliards de yens alloué pour l’exercice en cours. Depuis 2022, le gouvernement a entamé un virage majeur, développant des capacités dites de « contre-attaque » afin de renforcer la dissuasion face aux menaces régionales.
Missiles de croisière, systèmes de défense aérienne, radars longue portée… les programmes d’acquisition traduisent une volonté claire : se préparer à répondre aux tensions autour de Taïwan et aux tirs de missiles nord-coréens. Pour les forces d’autodéfense japonaises, il s’agit d’un tournant historique.
Les drones, pièce maîtresse du dispositif « SHIELD »
Au cœur de cette modernisation, les drones occupent une place stratégique. Le projet SHIELD, conçu pour protéger les zones côtières et les îles éloignées, repose sur des flottes autonomes capables de détecter et repousser toute intrusion ennemie.
« Il faut s’adapter aux nouveaux modes de combat », confie un responsable de la Défense, résumant la philosophie de cette transformation. Intelligence artificielle, automatisation et systèmes sans pilote deviennent ainsi les piliers de l’armée japonaise de demain.
