Une nouvelle vague d’attaques ciblant les installations pétrolières dans la région autonome du Kurdistan irakien a enflammé les tensions entre Bagdad et Erbil cette semaine.
Mardi 15 juillet, un drone a visé le champ de Sarsang (Dohuk), géré par la société américaine HKN Energy, déclenchant un incendie maîtrisé par les équipes d’urgence ; aucune victime n’est à déplorer. Au même moment, Bagdad venait de signer un accord de développement d’un autre site, ce qui a rendu l’attaque d’autant plus symbolique .
Le lendemain, deux drones ont visé les champs de Tawke et Peshkabour, exploités par le groupe norvégien DNO, tandis qu’un troisième a touché le site de Baadre, géré par une entreprise américaine . Là encore, aucun blessé signalé, mais des dommages matériels notables ont conduit à la suspension des activités, privant la région de 140 000 à 150 000 barils par jour, soit près de la moitié de sa production normale .
Ce cycle de frappes s’inscrit dans une série d’attaques récentes : lundi, le champ de Khurmala (Erbil) avait déjà été ciblé, et Baadre touché deux fois mercredi .
Aucune organisation n’a revendiqué ces actions. Les autorités kurdes évoquent des milices irakiennes soutien d’alliances iraniennes, accusation rejetée par l’armée fédérale. Le gouvernement régional a condamné ces attaques comme des actes terroristes visant son économie et la sécurité des travailleurs .
Face à cette escalade, le Premier ministre Mohammad Shia al‑Sudani a requis une enquête immédiate pour identifier les auteurs. Les États‑Unis et l’ambassade d’Amérique à Bagdad ont eux aussi dénoncé ces attaques, soulignant qu’elles compromettent la souveraineté irakienne et dissuadent les investisseurs étrangers .
Ces frappes illustrent la volatilité du nord du pays et rappellent que les infrastructures énergétiques sont devenues des cibles vulnérables — mais les marchés pétroliers mondiaux restent épargnés, la production de l’Irak méridional compensant largement les perturbations .
Dans ce contexte géopolitique tendu, la protection des champs pétroliers du Kurdistan se révèle cruciale pour la stabilité nationale et l’attractivité de l’Irak auprès des partenaires internationaux. Bagdad et Erbil seront sous pression pour réagir efficacement.
