Le corridor Glazoué–Dassa s’impose, depuis plusieurs années, comme l’un des axes les plus meurtriers du Bénin. Des tragédies successives, de l’incendie du bus de Baobab Express en janvier 2023 aux accidents de juin, juillet et août 2025, ont endeuillé des dizaines de familles et mis à nu les failles persistantes du transport interurbain.
Le 29 janvier 2023, à Dassa-Zoumè, la collision d’un bus Baobab Express avec un camion s’était transformée en brasier. Vingt passagers étaient morts calcinés sur place, neuf autres avaient succombé plus tard, portant le bilan à 29 victimes. Le manque de moyens des secours locaux avait amplifié le drame : aucune citerne opérationnelle et des renforts arrivés avec retard.
Depuis, les accidents se sont multipliés. Le 1er juin 2025, à Gankpintin, un bus a percuté un camion de bétail avant d’être violemment heurté par un autre poids lourd, faisant cinq morts et vingt-et-un blessés. Le 26 juillet, à Mondjigangan, un choc entre deux véhicules a coûté la vie à cinq personnes et grièvement blessé plusieurs autres. Enfin, dans la nuit du 17 août 2025, un bus de la compagnie STM reliant Lomé à Niamey a basculé du pont de Thio après avoir heurté la rambarde. Sur 54 passagers, seuls neuf ont survécu. Parmi les victimes, 35 Nigériens mais aussi des ressortissants béninois, togolais, tchadiens, ghanéens et une Allemande d’origine africaine.
Ces drames successifs interrogent la sécurité routière nationale. L’exiguïté des voies, l’absence d’éclairage, la dangerosité de points stratégiques comme le pont de Thio, ainsi que le manque criant d’équipements de secours, aggravent les bilans. Les contrôles routiers, insuffisants et trop dispersés, laissent prospérer excès de vitesse, surcharge et incivisme au volant.
Les compagnies de transport, de leur côté, assurent consentir des efforts : recyclage de chauffeurs, rappels de règles de sécurité, vérification accrue des véhicules. Mais la régularité des drames démontre que ces initiatives restent incomplètes, notamment sur le respect des temps de repos des conducteurs.
Du drame de 2023 à celui de 2025, le corridor Glazoué–Dassa est devenu un symbole des fragilités du transport interurbain au Bénin. La multiplication des tragédies appelle désormais des mesures urgentes : sécurisation des infrastructures, renforcement des secours, contrôles rigoureux des compagnies et responsabilisation des conducteurs. Sans une réforme profonde, l’axe Glazoué–Dassa restera associé à la répétition de drames évitables.
