Dans les ruines de la bande de Gaza, la survie est devenue un combat quotidien. La guerre entre Israël et le Hamas, qui dure depuis octobre 2023, a plongé la population dans une crise humanitaire d’une ampleur inédite. La famine, autrefois un risque redouté, est désormais une réalité dramatique.
Devant les rares cuisines solidaires encore actives, des files interminables se forment. Femmes, enfants, vieillards attendent pendant des heures, parfois sous les bombardements, un repas souvent insuffisant. Wael Shaaban, déplacé de Jabaliya, n’a plus rien pour nourrir les siens : « Nous patientons depuis plus de trois heures. Nous n’avons ni argent, ni eau, ni nourriture. »
Le témoignage de Najwa al-Najjar glace le sang. Cette mère a perdu un enfant de malnutrition lors du Ramadan 2024. « Mon fils est mort de faim. Aujourd’hui, un autre de mes enfants est malade. Je n’ai plus rien, même pas de farine. Seules les cuisines populaires nous permettent de survivre », raconte-t-elle, la voix tremblante.
La situation n’épargne aucun foyer. Aisha al-Zayd décrit son enfant comme « méconnaissable à cause de la faim ». Pour elle, il ne fait aucun doute que Gaza est désormais en état de famine. « Les enfants meurent, les bébés meurent. Que faut-il de plus pour que le monde réagisse ? »
Les grandes organisations humanitaires confirment l’urgence. Le Programme alimentaire mondial parle d’un effondrement de la sécurité alimentaire. Plus de deux millions de personnes sont touchées. Les convois humanitaires, trop rares, sont souvent pris d’assaut. Plusieurs centaines de Palestiniens ont perdu la vie ces dernières semaines en essayant de récupérer de la nourriture.
Sous la pression internationale, l’armée israélienne a annoncé l’établissement de corridors humanitaires et le recours à des largages aériens d’aide. Mais sur le terrain, les témoignages évoquent une aide irrégulière et insuffisante.
Dans une Gaza encerclée, bombardée, affamée, où des familles ont été déplacées plusieurs fois depuis le début du conflit, la faim devient une arme silencieuse. Et dans cette guerre, elle tue autant que les bombes.
